Fâcheries et engouements

Fâcheries et engouements
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jeudi 18 avril 2019

Toutes choses ne sont pas égales par ailleurs...

La sidération causée par l'incendie de Notre-Dame de Paris le 15 avril dernier, et la frénésie déployée par le gouvernement et de nombreux citoyens pour sa reconstruction rapide posent question à bon nombre d'entre nous.

 

Notre-Dame, un choc indéniable  

Comme tout le monde, j'ai été soufflée lundi soir à l'annonce de l'incendie à Notre-Dame, atterrée par la rapidité de la diffusion du feu et par l'étendue des dégâts, scotchée par la difficulté des pompiers à mettre fin à cet embrasement monstrueux. Si je ressens la portée symbolique de la destruction partielle de ce magnifique trésor gothique, j'en perçois aussi les enjeux économiques (monument le plus visité de France, restauration difficile) et politiques (sentiment d'unité nationale et même mondiale devant cet événement si improbable), qui se sont imposés immédiatement. Heureusement, pas de perte humaine, deux pompiers et un policier blessés.

Un élan de générosité... sélectif

La réaction rapide du président et le report de son discours au lendemain confirment la portée de la catastrophe : la cathédrale sera reconstruite en cinq ans a-t-il affirmé deux jours après, afin qu'elle soit sur pied pour accueillir de nouveau les visiteurs pour les JO de 2024. Je ne suis pas spécialiste, mais l'affirmation n'est-elle pas hâtive ? Comment évaluer les responsabilités et les dégâts, trouver les compétences et les savoirs-faire et mener à bien cet immense chantier en si peu de temps ?
Côté finances, c'est réglé, nous assistons médusés à la surenchère des dons d'entrepreneurs, de millionnaires, de collectivités et de citoyens : un milliard d'euros en quelques jours.

 

Deux poids deux mesures

En entendant ce montant affolant, je m'étonne que les associations ou les services de professionnels accompagnant les malades, les jeunes sans boulot, les oubliés et autres écorchés de la vie, les handicapés, les mal-logés ou les SDF, les personnes dont les droits sont bafoués ou les populations qui subissent des catastrophes ou des guerres ne recueillent pas le même intérêt que notre vieille cathédrale.
C'est que le Français
a l'engagement financier sélectif.
Un milliard
en quelques jours... Moi, j'ai pensé  aux
105 923 familles du 92 qui avaient fait une demande de logement social en 2018, satisfaits pour 9 955 d'entre eux seulement, aux plus de 500 morts dans la rue la même année, à ces personnes âgées qui croupissent dans des Ehpad faute de personnel pour les accompagner, aux services hospitaliers débordés, aux jeunes mineurs isolés que l'Aide sociale à l'enfance n'a pas les moyens de gérer, aux travailleurs sociaux qui sortent un billet de leur poche pour que ceux qu'ils reçoivent puissent bouffer... L'humain semble décidément ne pas peser pareil que la pierre.

vendredi 6 mars 2015

Veau aux hormones et pommes botoxées...

José Bové sur France Inter  ce matin s’exprimait sur la question du barrage de Sivens. Il m’est apparu plus mesuré que du temps de l’arrachage des cultures OGM    et du démontage du macdo de Millau... Néanmoins, le moustachu fustige avec véhémence la tendance aux méga exploitations qui n'ont plus rien d'agricole...

Des aliments en suffisance ?

Pour exemple, une exploitation aux États-Unis capable d'alimenter plus de 900 000 vaches en même temps (Bové a d'ailleurs lancé une pétition sur ces exploitations surdimensionnées). Il y a peu, on parlait en France de la ferme des Milles Vaches, sur les traces de sa cousine américaine, toujours avec d'une longueur d'avance. Les mille vaches du célèbre plateau cévenol, qui a fait les belles heures de l'écologie, ne doivent pas en revenir...
Certes, la planète ne sera bientôt plus en capacité d'alimenter tous ses habitants (9 milliards en 2050). Le problème est sérieux. Mais les solutions résident-elles dans une agriculture industrielle, ces exploitations inhumaines et ces produits bourrés d'hormones ou d'OGM ? Cela entraîne la disparition de l'agriculture paysanne et l'exode vers les villes. Voilà ce qui nous attend : de moins en moins de producteurs, des produits de mauvaise qualité et des villes qui n'ont plus la capacité d'absorber les populations qui ont quitté leurs terres.


Le jeunisme jusque dans les pommes

Dans un autre registre, mais toujours dans la même logique, un reportage au journal télévisé hier (suivi d'un magazine d'enquête je crois), nous montrait un producteur de pommes, très fier que ses fruits restent un an tout beaux. Grâce à un produit diffusé dans la chambre froide où elles sont conservées, les pommes sont rondes, belles, colorées durant quatre saisons. Des pommes toutes l'année. Lisses comme la pomme de Blanche-Neige. 
On ne connaît pas trop les conséquences sur la santé d'un tel traitement, mais les têtes de mort sur les panneaux à l'entrée du frigo n'augurent rien de bon... Selon une étude indépendante australienne (la seule qui existe), au bout d'un an, la pomme n'a plus aucune valeur nutritive, alors que le produit s'est diffusé dans tout le fruit.
Le consommateur est en partie responsable de cela. En effet, il n'a plus l'habitude de consommer des fruits et légumes moches, abîmés ou pas calibrés, et ce phénomène est source de gaspillage, comme si on avait besoin de cela. Pourtant, des initiatives existent, comme les gueules cassées ou les disco soupes. Il faudrait aussi que l'on se réhabitue à manger des fruits un peu fripés, à les retourner patiemment sur les clayettes comme on faisait il n'y a pas si longtemps.

samedi 14 février 2015

La couleur, une affaire d'apparence ?

J'ai vu passer près du lycée Albert-Camus une jeune femme tout en noir, petit suaire fluide et mouvant, son vêtement ne laissant libre que son visage...

Mon incompréhension

J'ai toujours un pincement au cœur en croisant des femmes voilées, la tête cachée dans un voile sombre, le corps couvert jusqu'aux pieds, les mains parfois emprisonnées dans des gants de coton - pincement encore plus fort s'il s'agit d'enfants.
Alors, je me dis que je ne suis pas tolérante, que je prête une grande importance à l'apparence, sans savoir ce qu'elle recouvre vraiment, que j'attribue au fait de porter cet habit un arsenal d'idées toutes faites, que la femme sous l'habit noir est aussi libre que moi (du moins que j'essaie de l'être), que tout ça n'a pas tant d'importance si on partage les mêmes valeurs...

Un libre choix ?

Donc je me dis que cet accoutrement résulte d'un choix de la femme, qu'en dessous elle est libre en paroles et en actes. Pourtant, j'ai comme un doute. 
Franchement, tout ce noir fait froid dans le dos. Marjane Satrapi le montre dans sa BD et son film Persepolis. Les femmes iraniennes y sont une armée d'ombres, renforcées par le noir de l'encre de Chine, des corbeaux... 
Cela me fait penser aux silhouettes des femmes espagnoles, portugaises ou italiennes de mon enfance. Ce deuil porté sans fin m'impressionnait. Je sentais que cette austérité masquant toute féminité était due aux usages et à la relation de la femme à son "père-mari-grand-père-frère-cousin". Heureusement pour nos voisines européennes, les choses ont changé.  

Quel est le sens ?

Et si ce n'était pas vraiment un choix ? Ce serait alors une obligation qui dépendrait d'une loi religieuse, d'un dogme (c'est ainsi) ou du fait qu'il faut empêcher les hommes d'être tentés ! C'est l'argument invoqué par les imams du film Iranien. La femme, elle, résiste à la "tentation". L'homme pas. C'est pourquoi elle ne doit pas avoir l'affront de le tenter par une jupe un peu courte, une poitrine rebondie, un bras nu ou tout simplement des imprimés bariolés. Il semblerait que cet argument de la tentation soit repris par certaines pour ne pas être importunées, pour passer inaperçues dans leur milieu. Le voile jouerait là un rôle sécurisant. C'est une réponse immédiate, un pis-aller, mais ne résulte pas non plus d'une décision choisie.


Un pas vers la liberté

Le paradoxe qui rassure un peu, c'est que ces mêmes imams reconnaissent que tout ce noir attise les frustrations... Pas complètement clairs les gars en fait. Ils conviennent aussi du fait que les femmes seraient plus maquillées à Téhéran qu'à Paris. Peut-être bien que, sous le voile, la couleur est là, prête à s'offrir dans la maison ou l'intimité, que la féminité n'est pas tout à fait étouffée...
Le travail de Sonia Delaunay, qui expose encore quelques jours au musée d'art moderne, est une jolie réponse à ce questionnement. Dès 1914, l'artiste avait investi la couleur, les formes mouvantes sur ses toiles et sur les tissus. En grande "précurseuse", elle se cousait des vêtements multicolores, y écrivait ou brodait des poèmes. 
Pour elle, la femme devait pouvoir se vêtir à sa guise, pour ne pas être comme tout le monde. Un premier pas vers la libération, à l'époque des corsets. Une autre façon de voir les choses...





lundi 9 février 2015

Législatives dans le Doubs, je me réjouis mais...

Résultats des législatives partielles du Doubs : La liste PS est passée devant celle du FN. De justesse, assènent les médias ce matin...

C'était pas gagné 

Déjà, je me réjouis de la victoire du PS (51,43%/48,57%) - d'un parti démocrate - et pas des "castes", comme le dit Mme Montel, candidate du FN. Victoire de Frédéric Barbier, qui marque le coup d'arrêt d'une hécatombe de défaites à gauche, avec un score tout de même proche de celui de Hollande à la présidentielle (51,63%/48,37%), donc pas si nul. 
Pourtant, on n'a pas vraiment à s'en glorifier : une abstention de plus de 50% et une progression conséquente du FN entre les deux tours...
De nombreux électeurs de l'UMP ont sans doute voté FN. Près de 10% des votants ont appliqué le "nini" à la lettre en mettant un bulletin blanc ou nul dans l'urne.  D'autres ont voté PS, à l'instar de Juppé, pourtant sifflé par des militants UMP... Une droite fort divisée donc (d'accord y a pas que la droite, c'est un autre sujet).

D'abord votons 

Si l'on pousse un ouf de soulagement, on ne peut pas pour autant faire cocorico. 
Les raisons de l'adhésion au parti de Marine Lepen sont multiples et les médias se chargent de nous les détailler à longueur d'antenne et de colonne, le chômage et le manque de moralité politique, entre autres. Ce qui est sûr, c'est qu'il y a le feu et qu'il nous faut serrer les rangs pour les élections à venir. 
Les Français auront l'occasion démontrer ce dont ils sont capables dès les 22 et 29 mars, pour élire leur conseillers départementaux.  
Qu'ils se déplacent en masse et votent pour les candidats "démocrates, laïcs, respectueux des citoyens, antiracistes et propres dans leur façon de faire la politique" qui ont le plus de chances de l'emporter.
Il ne s'agit pas d'un scrutin municipal, reflétant l'éventail des sensibilités sur un territoire, ni du scrutin présidentiel (heureusement) auquel nous avons deux ans pour nous préparer ! Il s'agit d'un test, symboliquement très important. L'élection de dimanche dernier a joué en effet le rôle d'un laboratoire de ce qui peut arriver

Pour briser dès maintenant la dynamique frontiste, je ne vois vraiment qu'une chose : voter et encourager à voter pour faire baisser ce chiffre honteux de l'abstention, pour faire barrage à tous ceux qui flirtent avec le FN et prendre, par notre vote (un vote qui retrouverait son sens d'expression de chacun dans la vie politique), notre place de citoyen.

samedi 15 mars 2014

Vous reprendrez bien une bouffée de smog ?

Je me réveille ce matin, la bouche sèche, des picotements autour des yeux, un halo ocre planant dans l'air de la chambre, une vague odeur d'écurie se répandant autour de nous...

Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle...
Suis-je en plein spleen comme Baudelaire ou en train de jouer le début de La Métamorphose de Kafka ("En se réveillant un matin, après des rêves agités, Gregor Samsa se retrouva dans son lit, métamorphosé en un monstrueux insecte...") ?
Non, tout va bien, ou presque. La radio m'informe très vite de ce qui se passe, ce que nous savons d'ailleurs parfaitement depuis quelques jours : pas de vent, une température douce, un air qui stagne et des fines particules qui s'insinuent partout. Le velib et les transports parisiens sont en libre accès jusqu'à dimanche soir pour inciter les Franciliens à ne pas prendre leur voiture. Pareil dans d'autres régions. Les gens le feront-ils ?

Pris au piège dans la marmite du progrès ! 
Nous y mijotons allègrement, incapables de décider s'il est mieux d'y barboter à satiété pour un plaisir immédiat et personnel ou s'il faut avoir un usage raisonné des ressources à notre disposition, en se tournant vers l'avenir et en œuvrant pour la préservation de notre marmite commune. 
La problématique écologique est posée.
Les Chinois vivent cette situation de pollution à un degré très  intense, à cause du développement rapide et échevelé de leur pays... 
Moi, je roule à vélo depuis plus de dix ans et ne change donc rien, malgré la respiration courte, les yeux irrités. Les automobilistes apparemment non plus ce matin. Ils sont là, comme les autres jours, seuls pour la plupart dans leur voiture. 

Qu'est-ce qui nous arrête (ou pas) ?
Le changement de comportement ne s'opère pas. Chacun a ses raisons  pour rouler en voiture (scooter ou moto). Que faut-il pour que nous changions nos comportements ?
Nous sommes pourtant tous victimes de ce pic de pollution et en ressentirons tôt ou tard les effets. Nombreux sont ceux qui ont perçu une gêne, dont les enfants auront déclenché une allergie... 
Devant l'individualisme dont nous faisons preuve (et je m'y inclus je dois me déplacer en famille demain en banlieue, nous ne prendrons pas le train, c'est beaucoup plus long). 
Je ne vois pas d'autre solution que des mesures fermes  d'interdiction de circuler, des consignes claires pour limiter les déplacements... Mais nous sommes en période électorale, personne ne s'y risque, cela pourrait indisposer le citoyen français qui sanctionnerait le politique par son vote (ou son abstention)...

mercredi 5 mars 2014

Non mais tu décodes !

J'ai cru devenir dingue cette semaine, en voulant synchroniser mon téléphone sur mon ordi. Ne voilà-t-il pas qu'il (l'ordi) me propose de télécharger le tout nouveau système pour mon mobile...

Ah la technique, quand tu nous tiens ! 
J'hésitais depuis un moment... qu'est-ce que j'avais à y gagner ?  Bon, allez, je me lance ! Là, on me propose de récupérer les éléments depuis ma dernière sauvegarde (mais à quand remonte-t-elle ? Aucune idée... Et l'ai-je bien faite ?). Je me vois un instant avec un téléphone vierge de toute info : plus de contacts, ni photos, plus d'applis, ni de mails... L'instant d'après, je me dis, tant pis, soyons une femme nouvelle, et hop ! Débarrassons-nous de tout cela ! 
 
Le code a changé
Et là, je dois inscrire mon code iTunes et le code de la wifi, l'un étant dans les notes de mon portable (hahaha) et l'autre étant approximativement écrit à la main sur un carton rangé derrière la télé. Argh, comment je m'en souviens ? Heureusement, pas de limite du code à trois essais ! Ouf, ça marche !
Et finalement, la dernière sauvegarde remonte à début février, pertes minimes donc. Puis il faut se réhabituer au nouvel environnement, à la présentation, plus lumineuse, au touché-glissé vers la gauche des messages pour soit les archiver soit les jeter. 

Un code, oui, sinon rien !
L'autre grand moment fut notre tentative de règlement par internet d'un impôt. Je fais notre déclaration électroniquement depuis plusieurs années, avec le sentiment de protéger ma planète et d'alléger les archives de mon percepteur. 
Revenons à nos affaires, le numéro fiscal avec le code d'accès attaché à mon adresse électronique est quelque part, mais où ? Ah oui, dans un mail, mais le code n'est pas reconnu (sans doute une question de majuscule), j'en  redemande donc un et le note quelque part en prenant soin d'effacer les précédents...
 
Le 22 à Asnières
Il y a quelques années (une éternité), on retenait les numéros de sécu, de téléphone, et les adresses de ceux qui nous étaient chers et même, pour s'amuser, les départements (mes filles me trouvaient d'ailleurs très ringarde avec ça).
Maintenant, tout est dans la machine et apparaît lorsqu'on tape les trois premières lettres de chaque nom. Sauf que pour s'en sortir dans les moindres actions de la vie, il faut se souvenir d'une multitude de codes : sécu, carte bancaire bien sûr, mais aussi code d'accès pour les impôts, pour gérer le portable, la mutuelle, l'ordi du boulot (à changer toutes 5 semaines), le gaz, l'électricité, l'eau, la banque, la médiathèque, la fnac, le téléphone, la live box et tous les sites marchands et d'infos, et les réseaux sociaux...
Tous ces codes doivent être différents et compliqués (au moins 10 caractères, chiffre, bas de casse ET capitale) pour ne pas se faire pirater. J'ai beau noter tout ça dans mes carnets, j'ai du mal à gérer. Au secours !


vendredi 14 février 2014

Les municipales, une bataille de chiffonniers ?

Dans ma commune (ceux qui me connaissent sauront d’où je parle), il y a eu ce week-end des échauffourées entre bandes rivales de colleurs d’affiches pour leur candidat aux municipales, l’une se faisant fortement bousculer d’une part et l’autre finissant la séance de collage avec le seau de colle sur la tête… 

Plutôt minable…
Risible non ? Cela le serait si ce n’était pas le reflet d’un climat politique entretenu par certains. La guéguerre stérile et le règlement de comptes. Un fonctionnement très dichotomique : Tu dis blanc, je dis noir... Pas de compromis.
Certains quittent même le conseil municipal pour manifester leur désaccord, au lieu de participer au difficile exercice du débat pluriel qui, bien mené, rejaillit forcément sur la collectivité et toutes ses composantes.
Aujourd’hui, je ne peux m’empêcher de penser que de tels faits, de telles tensions durant la campagne sont un symbole de la fragilité de notre démocratie. Les municipales sont des élections différentes, où l'on peut construire une politique sur un territoire lisible pour chacun, en dehors du cadre du gouvernement.

Débat = niveau ras des pâquerettes  
France Inter se déplace dans les villes pour tester la température à quelques semaines de l'échéance électorale. Cette semaine, c'était Strasbourg. Salle comble et chauffée à blanc dès 7 h du mat'. En lice (remarquez en français l'utilisation forcenée d'un vocabulaire belliqueux appliqué à la politique), le maire actuel (on dit maire sortant), favori, et l'ex-maire qui se représente pour regagner son siège. Belle initiative, mais échanges pathétiques. X dit : "Ça c'est faux". Y : "Non, c'est X qui ment, car blablabla". X : " Y a promis telle chose et ne l'a pas fait, nous, en revanche, nous allons..." Arrêtons ce manichéisme politique. La commune n'est pas un ring où, mandat après mandat, on y balaye d'une pichenette en y arrivant, ce que l'adversaire (en général, mais parfois quelqu'un du même "bord" ou presque) a mis sur pied sur plusieurs années. Les politiques publiques s'élaborent et surtout se concrétisent sur le long, voire très long, terme. Un maire va souvent avoir à mettre en place des projets poussés en avant par son adversaire d'hier.
 
Une continuité, pour le bien de la cité
Non, une politique de gauche n'est pas une politique de droite (surtout en ce moment avec les dérives extrémistes sur le genre, la justice, le couple...) – et réciproquement (encore que..., on soit en droit de se demander si...) – et ça nous le savons tous. Ce qui éloigne les citoyens de leur cité (au sens large), n'est-ce pas ce clivage permanent dans le discours et dans les actes : les habitants pris en otage des changements de cap des politiques.
Lors d'une réunion publique de l'équipe d'un candidat aux municipales, on a parlé des projets et réalisations qui prennent du temps (le fameux temps "long" de Braudel..., je sais faut pas exagérer). Pour exemple, les retombées sur la ville des aménagements du Grand Paris, avec l'arrivée du tram prévue pour 2023... D'autres évolutions, elles, se font dès maintenant, résultats du lien avec les habitants, par un dialogue au quotidien avec eux, sur le logement, les circulations, les projets solidaires... Une écoute au jour le jour, à ne pas rompre pour le bien de tous et de la cité.

dimanche 9 février 2014

Internet m'a tué

Je suis la première à louer l'intérêt de la toile, à saluer le gain de temps qu'elle nous procure et la démocratisation du savoir qu'elle permet (tout - ou presque - étant à portée de chacun). Mais il faut bien reconnaître que la navigation est un  sport qui pousse à l'exagération...

Les envahisseurs sont là...
Cela vous arrive aussi bien sûr. Lors d'une recherche sur Internet, chez vous ou, pire, au boulot. Vous voulez, par exemple, avoir des infos sur la "bigorexie"  (cette nouvelle plaie qu'est l'addiction au sport) ? En cliquant sur un lien, une fenêtre pop-up s'ouvre au milieu de l'écran (vous savez ces publicités intempestives qui s'imposent au regard sans qu'on les invite). 
Et là, vous ne pouvez résister au t-shirt Moustache Steve coupe ajustée 150 € j'y cours. 
Impossible de fermer la fenêtre. 
Une autre s'ouvre laissant place à l'artichaut forte perdez 23 kilos et 14 cm de graisse. 
Vous n'échappez pas non plus à la fenêtre facebook Jardinez malin 2856 personnes ont liké la page et la première à l'avoir fait, c'est devinez qui ? Bernadette Chefdeville trop bien ! 
Sans parler de la pub Alcova qui fait bouger des trucs partout sur l'écran... Au secours, cette toile-là nous emprisonne ! 

Trop vite
Mes filles me disent que je suis plutôt connectée comme mère, pourtant j'avoue être dépassée par leur rapidité d'action sur Internet (inver-sement proportionnelle à celle qu'elles ont en général lorsqu'on leur demande un truc... mais bon). 
Alors, même lorsqu'elles  ont un boulot monstrueux, elles sont toujours au courant des toutes dernières vidéos qui circulent. 
L'autre jour, en allant sur facebook (mais attention, je ne suis pas forcément leur "amie", ce qui me paraît normal, et en tout cas pas amie pour toutes les publications), je vois que l'une d'elle a changé sa photo de profil il y a 19 minutes et que 52 amies l'ont déjà likée ! 
Cela veut dire que 52 de ses connaissances fécebouquiennes étaient connectées dans les 20 dernières minutes, qu'elles ont ont vu ce changement d'image et l'ont signalé. Ça c'est de l'ultra connexion ! 
Quand on pense que certaines personnes peuvent passer une journée entière sans parler à personne... 
Cette toile-là est vraiment faite des petites mailles qui nous enferment.
Mais "liker" une photo, est-ce vraiment parler ?

samedi 18 janvier 2014

L'actu qui pue !




Après les calomnies haineuses de Dieudonné et le déchaînement médiatique qui a suivi, chacun, en ce  début d'année, en a parlé autour de lui.

Il ne passera pas !
Après l'interdiction de ses spectacles puis le coup de force de Valls à Nantes, il est sorti de tout cela une soupe opaque et sans goût – voire saumâtre jusque dans les commentaires de certains internautes. Une bouillie infâme vomie de la bouche des supporters de celui qui se prend encore pour un humoriste. Ces individus dégageant des exhalaisons pestilentielles pensent que les propos antisémites de leur gourou sont "antisystème"... Pour un peu, ils se sentiraient à la pointe de la dernière tendance politique... nauséabonde.
 

A-t-on bien fait d'en discuter ?
L'hypermédiatisation de cette affaire a éclipsé pour certains des sujets d'actualité plus importants. Mais le racisme et ses expressions détestables ont été dramatiquement remis sur le devant de la scène (c'est le cas de le dire) et il était indispensable d'en parler, d'en débattre - partout - pour évoquer toutes les manifestations de cette peste brune, pour mieux les circonscrire, les annihiler, les liquider... 
Cela ne s'arrête pas là car, chaque jour, il nous faudra pister les moindres traces racistes et expliquer sans relâche que le vivre-ensemble et l'acceptation de l'autre constituent le ferment de l'humanité.


mardi 16 juillet 2013

Facebook sait tout de toi

Nous sommes suivis
En faisant un tour sur Facebook l'autre midi, en mangeant ma salade vite fait (je ne peux plus faire une seule chose à la fois, c'est dingue... - je m'étais pourtant promise d'essayer de redevenir "monotâche" et concentrée), j'ai vu un truc qui m'a fait bien rigoler.
J'avais déjà parlé ici de la bande de pubs, située à droite de la page sur Facebook, que les algorithmes choisissaient exprès pour moi, car ils avaient pensé qu'elles correspondaient à mon profil... Pourtant, je fais attention, je me déconnecte à chaque fois, je ne "like" pas de marque... mais ce sont de vrais espions. Cela semble impossible de leur échapper.

T'as quel âge ?
Ainsi, sur mon profil, il n'y a plus d'annonces pour m'encourager à faire disparaître mon surplus de graisse ou mon double menton... (Chouette, j'ai minci d'après eux !). Maintenant, j'ai droit à des invitations sur des sites de rencontres.
Je vous rassure tout de suite, c'est soft. Tout de même, le gars de la pub du bas, il n'est pas si déplaisant que ça à regarder (non les filles, je ne mets pas sa photo !)...
Il faudra que j'en parle à mon homme, car les algos ont peut-être une info dont je ne dispose pas sur ma vie et je devrais voir ça de plus près. 

Je plaisante bien sûr !

Ce qui est certain, c'est qu'ils sont bien informés, car ils ont bien pigé que je n'avais plus 20 ans... à en juger par les temps grisonnantes de l'inconnu !

lundi 14 janvier 2013

Retour vers le réel (après le virtuel)...

Jouer "pour de vrai"
Après Noël, j'observais la petite Solenn (deux ans et demi), jouer avec le circuit en bois qu'elle avait eu en cadeau. Des lattes qui s'emboîtent les unes dans les autres, un pont sous lequel on peut faire passer les wagons. Son père lui avait monté le circuit fermé et la petite fille faisait passer les trois wagonnets de couleur accrochés à la loco sur les rails, indéfiniment. 
Pas de bruits, ni couleurs criardes, ni lumières, ni sons électroniques. Il y avait dans son activité quelque chose d'intemporel, comme un rituel apaisant avec ces gestes découverts. J'avais vu mes filles faire pareil il y a quelques années et éprouver la même satisfaction.
Ce jeu existe peut-être sur l'ordi (on emboîterait les rails et on ferait circuler les wagons avec la souris, et des applaudissements mécaniques ponctueraient un tour effectué...), mais c'est mieux en vrai non ?
Il nous faut freiner l'invasion du virtuel dans toutes les situations, n'en faire usage que lorsqu'il est utile, mais ne surtout pas lui sacrifier la vraie vie. Un savant dosage des deux à trouver !

Virtuel mais pas trop !
À la suite du drame survenu en décembre dans une école américaine, nous avons débattu en famille des racines de cette violence. 
Est-elle nouvelle ? À quoi est-elle due ? Unanimement, l'addiction aux jeux vidéo, la banalisation des faits divers violents dans les médias, l'installation de l'Internet dans nos vies et, bien sûr dans le cas présent, la vente libre des armes font sûrement partie du faisceau de causes de la violence dans nos sociétés. 
Pour mes filles, cela ne fait aucun doute qu'elles et toutes les générations à venir - dont celle de leurs propres enfants - n'auront pas la même histoire avec Internet et le papier que nous. 
Mes petits-enfants seront-ils tous dotés d'un cartable électronique et d'un stylet en guise de boîte de crayons de couleur ? L'étagère de livres dans les chambres d'enfants se réduira-t-elle a une liseuse ? J'espère bien que non... mais tout cela va tellement vite (l'ordinateur a la maison n'a même pas vingt ans !).
Internet ne rend pas violent, c'est l'excès et l'accès sans accompagnement qui peuvent avoir des conséquences négatives sur les gens et surtout les jeunes. 
J'ai le frisson rien qu'en pensant à des gosses de huit ans qui surfent toute la nuit sur l'ordi de leur chambre. Internet nous ouvre le monde, c'est merveilleux ; mais ce monde est à partager et à expliquer. Il faut le visiter accompagné, apprendre à trier pour ne pas s'étourdir ni se corrompre.

samedi 12 janvier 2013

De l'usage du téléphone portable

Se côtoyer dans les transports
Train, métro, magasins, restaus... Marre d'être obligée d'écouter des conversations qui ne sont pas pour moi.
Exemple. Silence sépulcral d'un wagon de banlieue en fin de journée. Les gens sont plongés dans leurs pensées ou concentrés, qui sur son mobile à consulter ses mails ou envoyer des SMS, qui sur facebook ou (nombreux) un jeu (objet d'une petite fâcherie), sur un livre ou un journal (si, si, l'espèce lecteur "traditionnel" existe encore !). 
Bref, une légère bulle de silence, entrecoupée de quelques discussions de boulot, de délires entre copines ou d'inquiétudes domestiques. Il y a des rires, des hausses de ton... 

Auditrice involontaire
Puis, tout à coup une voix s'élève, carrément au-dessus des autres, s'installant dans une conversation étrangère au wagon. 
Parfois, ce ne sont que quelques mots échangés pour fixer un rendez-vous, rassurer la progéniture, ou un "jtrapelchsuidanltrain" témoignant du respect de la personne pour son entourage. Mais d'autres fois, c'est une saga, un vrai récit de vie qu'il nous est donné de suivre au fil des stations.  
L'assemblée se fige, identifie la voix et devient le témoin obligé de l'histoire d'un autre.  
J'ai suivi dernièrement avec avidité la rupture amoureuse d'une jeune femme racontée en exclu à sa copine... et à nous. C'était déchirant, j'étais tellement désolée pour elle que je lui ai presque mis la main sur l'épaule en quittant le wagon...

Une nuisance pour l'autre
Trêve de plaisanterie... Le portable est tellement utilisé par tous, partout et à tout moment, que les limites de son usage n'existent plus, sont oubliées. 
On oublie l'autre, qu'il est là juste à côté, la politesse et le respect, le plaisir de l'attente. Tout dire et entendre, tout voir, tout de suite... 
cela arrive à chaque voyage ou presque, et on n'ose pas trop râler, de peur de se faire engueuler... "C'est vrai ça, de quoi tu t'mêles ?"  Il faudrait le faire avec humour et à plusieurs...
Dommage, la sncf et la ratp semblent avoir renoncé à communiquer sur le sujet et plus rien ne rappelle (sauf dans les tgv peut-être) que parler au téléphone lorsqu'on est dans le bus ou le train est une nuisance pour l'autre. Certains ne le savent peut-être pas... ou feignent de l'ignorer.
Je prends ici la résolution de ne pas parler au téléphone lorsque je suis au milieu  d'autres personnes. Faites de même d'accord ?

 

mercredi 12 décembre 2012

Ce qui marche sur facebook...

Une ligne de conduite
Il y a quelques années, après des mois de réticence, j'ai ouvert un compte facebook en me faisant la promesse de ne l'utiliser que pour informer, transmettre, diffuser des événements, des points de vue, évoquer des coups de cœur, faire des liens entre les choses et les gens...
Bref, je m'engageais à ne faire que du sérieux, du lourd, de l'intello, du cul...turel et, par conséquent, à ne pas poster de trucs légers ni trop persos.
Pas de trucs qui font de mes amis de facebook (138 à l'heure qu'il est), et par voie de conséquence des amis de mes amis, les témoins d'un moment d'intimité, les voyeurs de mes sentiments, de mes photos...
Je ne voulais pas laisser l'autre entrer chez moi sans y être invité...
Car ces portes ouvertes à tout et à tous (ou presque) en permanence ont un petit quelque chose de gênant, d'indécent presque...

Hyperconnectés
Vous me direz que chacun est libre de la communication qu'il enclenche, de choisir ce qu'il lit, ce qu'il aime, ce qu'il commente et surtout qui il accueille.
En théorie, c'est ça. Pas facile à tenir...
On en oublie même de se demander pourquoi on est happé par ce désir d'hyperconnexion.  
Dans mon cas, qu'est-ce qui me pousse à vouloir informer les "gens" (mes gens ?) de la tenue du prochain café citoyen sur les transports en Île-de-France (ça y est c'est passé !), à intervenir dans l'interrogation métaphysicocomique de Jonathan sur le foin sur le 12/12/12 ou à mettre mon grain de sel dans d'autres choses ?
Peut-être le manque d'échanges vrais, le besoin d'étaler à l'air libre des pans de moi que je ne montre pas ? Ou la sensation excitante de toucher du doigt l'univers tout entier grâce à l'internet ?
Je me pose les mêmes questions vis-à-vis de mon blog et n'ai toujours pas la vraie réponse. 

Cote de popu
Lorsque je poste une info, j'ai au mieux un ou deux commentaires et quelques "j'aime", au pire rien du tout. Cela ne me gêne pas trop, mais j'en déduis que ce qui m'intéresse n'intéresse que moyennement autrui (en l'occurrence mes amis), je n'en prends pas ombrage...
L'autre jour, j'étais assez en colère contre la bande à droite des messages de facebook dans laquelle apparaissent des pubs ciblées selon mon profil supposé : des régimes amaigrissants, des placements et je l'ai dit dans un message.
S'en est ensuivie une discussion avec 16 commentaires (et 6 j'aime) approuvant plutôt mon ras-le-bol. Du jamais-vu ! On m'a même donné la solution pour ne plus être la proie de ces pubs malfaisantes (téléchargez adbock et hop plus de pubs !). Merci Benoît !

Le sérieux pas assez vendeur !
Cela me rappelle un des profs de communication d'une de mes filles qui racontait à ses élèves (et elle me l'a raconté !*) que lorsqu'il poste des articles méga intéressants, des commentaires chiadés sur l'actualité, il y a zéro réaction. Le néant, Waterloo morne plaine... 
Mais le jour où il a mis une photo de lui en train de se casser un œuf, une autre où il fait cuire son œuf au plat (gros plan sur la poêle) et enfin la troisième où il le mange, eh bien cela a été le gros délire, l'affluence sur son mur...
Décevant oui, mais cela ne veut pas dire que les articles ne sont pas lus. On ne sait parfois quoi dire quand quelque chose est bien ficelé et on ne peut pas toujours dire "j'aime" sur des horreurs qui sont évoquées...

* qu'elle me pardonne car j'ai un peu déformé l'histoire...

mardi 13 novembre 2012

Un logement pour tous !

Un toit pour une vie digne
Je crois qu'un des trucs qui m'étreint le plus, ce sont les conditions dans lesquelles certains sont obligés de vivre et la disparité face au logement.
Ne pas avoir de toit, "n'habiter" nulle part, n'est-ce pas le point de départ de la déconstruction d'une vie ? Qu'est-ce qu'on peut construire si l'on n'a pas de lieu où être en sécurité ?
Le film Louise Wimmer montre comment Louise lutte pour rester debout, avec pour maison sa voiture, pour salle de bains les toilettes des stations-service et pour garage les parkings de l'autoroute. Solitude, abandon...

1954, prise de conscience
L'Abbé Pierre avait bien compris l'urgence, lorsqu'il a lancé un appel, durant l'hiver 1954, pour attirer l'attention de ses concitoyens sur le mal-logement. En 54, on s'est ému. Il s'est battu ensuite pour améliorer la situation et nombreux sont ceux qui se sont engagés dans la même voix...
Et pourtant... en 2012, le nombre de personnes mal logées augmente, celui des sans-abri aussi (3,6 millions de personnes non ou mal logées). Et, nul n'est plus étonné de voir des personnes dormant dans la rue, des familles couchées sous un porche, des camps de Roms vidés en cinq minutes, des communautés vivant dans des taudis entre une bretelle d'autoroute et une zone industrielle, des maisons de cartons installées sous les ponts du périph, des femmes avec un baluchon contenant toutes leurs richesses sur un banc de métro...
L'autre jour, dans une rue parisienne, je suis passée devant ce "studio pliable" :
tout ce que possède un sans-abri était là rangé derrière deux poteaux,
le long d'une boutique de maroquinerie des grands boulevards.
Des initiatives et des combats
Je ne donne pas ici de solutions, je sais.
Même si de nombreuses assoc's (pour le logement d'urgence, passerelle, social, des foyers...) travaillent dur pour faire avancer ce grave problème, les pouvoirs publics aussi, même si les lois évoluent (dalo), des appartements restent vides, les loyers sont trop élevés (honte aux marchands de sommeil et dommage que la loi sur le logement social ait pris du retard pour vice de procédure : il y a urgence), trop chers les mètres carrés. Les nécessités sont énormes, les besoins insatisfaits, les listes d'attente interminables (logement social, nuit en hébergement d'urgence, en hôtel social)...

Exclu en Colombie
En 1983, lorsque je suis arrivée à Bogota, dans une rue du centre, j'avais croisé  un homme hagard, maigre, pieds nus marchant avec un grand carton qui lui servirait de lit le soir venu. Un SDF colombien. J'étais éberluée, scandalisée, je n'avais jamais vu ça.  En France, il y avait bien des clochards, mais je supposais que leur mode de vie résultait d'un choix... une sottise de penser cela... J'ai mesuré avec cet homme le dénuement d'une partie de la population dans ce pays.
Quand je suis rentrée en France, quelques années plus tard, on ne s'émouvait plus de situations presque similaires... On parlait de gens qui travaillaient et n'avaient plus d'appartement, qui retournaient vivre chez leurs parents (dans le meilleur des cas).

C'est quoi une société qui permet cela ? qui néglige ses citoyens à ce point ? qui refuse aux siens le minimum de sécurité procurée par un toit, un toit décent où l'on n'a pas froid, où l'on n'est pas trop serré ? qui tolère que des bouts de chou dorment dans la rue, avec une culotte de rechange et une brosse à dents dans leur cartable pour seul bagage ?

vendredi 14 septembre 2012

Besoin de jouer

Après ma pause estivale et surprotégée, je reprends une vie plus mouvementée... Dans les transports en commun, j'ai été frappée par un truc : plus personne ne se parle, tout le monde - ou presque - a son mobile en main. Vérifiez vous-même à l'occas'.

Au cas où...
Un appel à prendre de toute urgence, pour consulter les mails en retard, lire des articles pas finis de lire, répondre aux copains pour le dîner de samedi, envoyer un SMS aux enfants pour leur rappeler ce qu'on mange ce soir, voir le temps qu'il fera ce WE dans le Cotentin, se faire une petite note au sujet d'un dossier important ou pour penser à passer à la teinturerie, vérifier l'adresse de l'ORL... Bref, c'est l'outil indispensable, qui donne une mine de renseignements, sur lequel on peut continuer à bosser, qui nous fait gagner un max de temps...


Sauf que...
La plupart des gens ne font pas du tout ça. Mine de rien, concentré à mort, l'air super absorbé, ils jouent ! Inlassablement, tout au long d'une ligne de métro, ils se font courser par des grands singes ou bouffer par des petits hommes verts avec le plus grand sérieux. Partout, compulsivement, et seuls face à leur écran, ils jouent... Nos vies sont vraiment trop sérieuses.

samedi 11 février 2012

Laissez passer les élèves par les petites rues de Colombes !

Par quel bout prendre cette histoire ?
Il y a un mois, j'ai été alertée d'un truc par des copines (parents d'élèves au collège où étaient mes filles et qui continuent de porter le flambeau de la défense des conditions d'enseignement et d'accueil de nos loulous).
Des riverains d'une petite rue à côté du collège veulent faire placer des portillons pour empêcher le passage dans ladite rue, car des jeunes (collégiens ? jeunes descolarisés ?), trouvant le coin propice, y font des conneries.
Je me souviens que ma fille aînée s'était faite embêter avec des amis un soir d'hiver en sortant du collège. Cela ne date pas d'hier (6 ou 7 ans au moins) et, pour rassurer nos jeunes et pour que le problème soit pris en charge, nous avions alors fait des courriers, demandé qu'on en parle au sein du collège, des rondes de policiers, un éclairage ad hoc, et - même si cela nous faisait un peu mal au ventre - la pose d'une caméra.
C'est embêtant, car le chemin de l'école (et tous les chemins d'ailleurs) doit être sûr et nos enfants ou jeunes sereins dans leurs déplacements. 
De même, les habitants souffrent des nuisances subies, bruits, dépradations, railleries.  
Certes, nos ados ne sont pas les rois de la discrétion, pas toujours très malins dans leurs blagues  lorsqu'ils sortent de cours à plusieurs... mais quel piteux exemple de gestion du problème : Les portillons seront fermés aux heures de passage de nos enfants et ouverts quand ils ne sont pas là ! 
Tout ça pourquoi ? À cause d'un riverain manipulateur et de quelques éléments incontrôlés (pas incontrôlables si l'on s'y attelait vraiment ; là je parle des mesures éducatives qui devraient être déployées pour empêcher la sortie de route de trop nombreux élèves chaque année). 

Communication inexistante
Au collège, on a appris par hasard (une riveraine opposée à la pose de portillons, merci à elle) le projet des riverains et, par la même occasion, que le projet avait été validé en mairie... 
Des échanges, des discussions, de la concertation ? Point !
Conséquence : Les collégiens et aussi les écoliers de l'école élémentaire voisine contraints de faire le tour par le boulevard. Outre le temps perdu, les conditions de sécurité sont nettement moindres que par la petite rue, où l'on peut marcher tranquillement, circuler en trottinette ou en vélo. 
N'était-il pas possible de dialoguer avec l'équipe du collège, de se rencontrer, échanger des points de vue, parler du vécu de chacun, pour trouver une solution qui prenne en compte tout le monde ?
Au lieu de cela, une partie des riverains suivant comme un seul homme l'initiateur du projet, plus une autre partie manipulée par ce dernier - par une vraie-fausse pétition cet été -, décide de la privatisation de l'avenue, alors qu'une troisième partie n'est pas du tout du tout d'accord.

Vivre-ensemble à Colombes ?
Le maire ne s'est pas opposé au projet, au motif que cette avenue est privée et qu'on ne peut rien faire ! 
Certes, mais cela vaudrait-il pour toutes les allées et avenues qui drainent Colombes et dont la ville s'enorgueillit, car elles permettent des circulations transversales (voir le plan de déplacement de Colombes et son objectif 1 : "Diminuer et apaiser le trafic dans les zones résidentielles") ?
Prenons garde de voir fleurir des portillons dans toutes les avenues de la ville, des miradors pour pister les jeunes qui s'aventureraient à les traverser. Bientôt une protection de la propriété privée à l'américaine ?
Quelle belle illustration du vivre-ensemble, dont la municipalité semblait avoir fait son slogan ! 
Il est vrai que c'est un exercice difficile à atteindre. Chacun l'expérimente dans sa famille, à l'école ou au travail. Il est fait d'écoute, d'échanges et de compromis. Et une ville doit accueillir tous les membres de sa famille, des plus jeunes aux plus impétueux...

Le débat est ouvert
Même si je sais bien qu'il existe, dans d'autres lieux de notre ville, des nœuds de violences beaucoup plus inextricables et préoccupants, l'exemple de cette avenue me semble assez emblématique. 
On aurait dû se parler avant pour arriver à une solution médiane et pas accepter une proposition suggérant que nos enfants sont des enragés... 
On ne veut pas d'une ville où l'on prônerait le modèle qui consisterait à s'enfermer pour ne pas être en contact avec ceux qui seraient différents de nous (par l'âge, le porte-monnaie, l'origine pendant qu'on y est !). De fait, des clivages existent déjà entre les quartiers, entre les parties d'un même quartier, ne les accroissons pas !
De cette ville, on ne veut pas.

L'affaire n'est pas close, un rendez-vous s'est tenu en mairie début février réunissant toutes les parties concernées. Des discussions sont en cours, un recours gracieux a été déposé par les associations de parents d'élèves, et des points restant flous doivent être éclaircis... 
On peut encore signer la Pétition. 
On se tient au courant.


jeudi 2 février 2012

Senior moi ? jamais !

Et pourtant...
Déjà, depuis quelques années, je me disais en mon for intérieur que j'avais pris du grade. En effet, mes réactions, mon analyse de certaines situations, les points de vue que j'énonçais doctement m'obligeaient à réaliser que j'avais perdu un peu de ma fougue d'antan, de ma capacité à l'enthousiasme, de mon petit grain de folie... Mes filles se chargeant bien, de leur côté, d'enfoncer le clou en me disant que "les choses avaient évolué, qu'elles n'étaient pas telles qu'elles étaient de mon temps, que je ne pouvais pas comprendre...". Tout ceci faisant office d'indicateur, pour me signifier que le temps passe... aussi pour moi.

Vieillir dit-elle...
Les douleurs ou fatigues qui se réveillent quand on ne les attend pas, l'envie d'aller se coucher au lieu de faire la fête, le corps qui se transforme un peu... je connais.
Ceux qui clament "qu'il suffit d'être jeune dans sa tête", me font vraiment rigoler. Ne nient-ils pas le passage du temps dans leurs artères par des stratagèmes absurdes d'imitation des jeunes générations ?
J'avoue que certains caps ont été durs à avaler - ceux symboliques des dizaines, accentués par le départ d'êtres chers, et le vieillissement de nos anciens qui étreint le cœur.
Mais, finalement, une fois ces étapes  passées, je vois que je suis portée vers autre chose, que je peux avoir des projets, redémarrer des choses, me réaliser là où je n'aurais jamais osé. Bref, je suis assez sereine, j'imagine même que je peux encore plaire et pourrai faire une grand-mère pas trop has been.

Pas si vite...
Mais voilà, alors que je négociais plutôt positivement cette phase délicate... deux événements ont mis par terre ce château de cartes somme toute fragile.
Dernièrement, dans un élan de solidarité et après avoir étudié la doc qui le proposait, je décidai de donner ma moelle osseuse, de devenir veilleuse de vie (en fait on analyse votre moelle osseuse et on vous appelle si elle est compatible avec celle d'un demandeur).
Hélas, j'avais dépassé la limite d'âge. Trop vieille ma moelle..., plus assez fraîche pour sauver des vies.
L'autre truc s'est passé pas plus tard que ce matin, au boulot, alors que je recevais ma fiche de paye du mois, accompagnée d'une enveloppe (dont j'ai cru un instant qu'elle contenait une petite prime).
Re hélas, elle contenait un courrier signalant que l'entreprise, pour satisfaire à la réglementation, s'adressait aux travailleurs seniors pour leur signaler, je cite, qu'ils pouvaient bénéficier "des mesures d'aménagement et de fin de carrière et de transition, entre activité et retraite". Autrement dit, pour eux, je faisais partie des seniors et l'on m'indiquait poliment la porte de sortie...

Franchement, je ne suis pas prête pour ça.
Le texte préconise qu'il faut encourager les formations pour cette catégorie de salariés. Je vais réfléchir à ça.

dimanche 22 janvier 2012

les cyclistes vivent dangereusement !

Vous connaissez la nouveauté en voiture ?
Depuis mon petit vélo, je suis aux premières loges, pour observer les comportements "dernier cri" des automobilistes... Notamment lorsque la voiture devant moi commence à dévier subrepticement de sa route... 
Je vous le donne en mille, ça vient de sortir : le texto en auto ! 
Je connaissais le maquillage dans le miroir de courtoisie, le choix de la musique sur l'ipod au feu rouge, mais l'écriture de texto en conduisant, ça c'est cool, et pas dangereux pour deux sous ! Nooon !
A quand le film avec l'ipad sur les genoux ?
Moralité : cyclistes et piétons, soyez doublement vigilants !

jeudi 15 décembre 2011

Circulez, restez pas là !

Le message d'aujourd'hui a un cruel goût de redite (Circulez y a rien à voir, où je racontais qu'un maire de banlieue verbalisait les personnes qui osaient fouiller dans les poubelles de ses administrés).
Je veux parler de l'extension de l'arrêté anti-mendicité - valable sur les Champs à Paris depuis septembre - au quartier des grands magasins et à celui Louvre, ainsi qu'à d'autres centres de villes français.

Ça fait pas joli de mendier !
C'est vrai quoi ça gâche la photo (je ris jaune, ne vous méprenez pas) ! Une personne qui mendie près des magasins qui dégorgent (dégueulent devrais-je dire...) de produits, de couleurs, de lumières, de cadeaux, qui ne seront jamais pour eux, bien sûr, ni pour la plupart d'entre nous d'ailleurs mais pour les touristes étrangers (asiatiques ou des Émirats arabes en particulier, y a qu'à regarder les vitrines dont les automates s'appellent cette année Karl Lagerfeld, mais ça c'est une autre histoire !). 
Devant le Printemps, la semaine dernière, des policiers verbalisaient un monsieur (ironie, avec quel argent va-t-il donc payer cette amende ?), et lui enjoignaient de quitter le quartier. Le monsieur a ramassé ses ballots sans résistance, visiblement au courant, dans la quasi indifférence des badauds pressés de faire leurs achats...

Je suis en colère
Pourquoi cette mesure d'exclusion prise par le préfet de Paris ? Delanoé y est d'ailleurs opposé. La rupture sociale est entretenue par le pouvoir. Pourquoi est-ce qu'en cette période, ceux qui se baladent dans ces coins privilégiés, vitrines de la capitale, n'auraient-ils pas au contraire l'idée (l'envie même) d'aider ces personnes qui nous côtoient et ont si peu ? Celles-là même dont la présence est la marque de la précarité de notre statut, de notre fragilité, à tous.