Fâcheries et engouements

Fâcheries et engouements
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samedi 14 février 2015

La couleur, une affaire d'apparence ?

J'ai vu passer près du lycée Albert-Camus une jeune femme tout en noir, petit suaire fluide et mouvant, son vêtement ne laissant libre que son visage...

Mon incompréhension

J'ai toujours un pincement au cœur en croisant des femmes voilées, la tête cachée dans un voile sombre, le corps couvert jusqu'aux pieds, les mains parfois emprisonnées dans des gants de coton - pincement encore plus fort s'il s'agit d'enfants.
Alors, je me dis que je ne suis pas tolérante, que je prête une grande importance à l'apparence, sans savoir ce qu'elle recouvre vraiment, que j'attribue au fait de porter cet habit un arsenal d'idées toutes faites, que la femme sous l'habit noir est aussi libre que moi (du moins que j'essaie de l'être), que tout ça n'a pas tant d'importance si on partage les mêmes valeurs...

Un libre choix ?

Donc je me dis que cet accoutrement résulte d'un choix de la femme, qu'en dessous elle est libre en paroles et en actes. Pourtant, j'ai comme un doute. 
Franchement, tout ce noir fait froid dans le dos. Marjane Satrapi le montre dans sa BD et son film Persepolis. Les femmes iraniennes y sont une armée d'ombres, renforcées par le noir de l'encre de Chine, des corbeaux... 
Cela me fait penser aux silhouettes des femmes espagnoles, portugaises ou italiennes de mon enfance. Ce deuil porté sans fin m'impressionnait. Je sentais que cette austérité masquant toute féminité était due aux usages et à la relation de la femme à son "père-mari-grand-père-frère-cousin". Heureusement pour nos voisines européennes, les choses ont changé.  

Quel est le sens ?

Et si ce n'était pas vraiment un choix ? Ce serait alors une obligation qui dépendrait d'une loi religieuse, d'un dogme (c'est ainsi) ou du fait qu'il faut empêcher les hommes d'être tentés ! C'est l'argument invoqué par les imams du film Iranien. La femme, elle, résiste à la "tentation". L'homme pas. C'est pourquoi elle ne doit pas avoir l'affront de le tenter par une jupe un peu courte, une poitrine rebondie, un bras nu ou tout simplement des imprimés bariolés. Il semblerait que cet argument de la tentation soit repris par certaines pour ne pas être importunées, pour passer inaperçues dans leur milieu. Le voile jouerait là un rôle sécurisant. C'est une réponse immédiate, un pis-aller, mais ne résulte pas non plus d'une décision choisie.


Un pas vers la liberté

Le paradoxe qui rassure un peu, c'est que ces mêmes imams reconnaissent que tout ce noir attise les frustrations... Pas complètement clairs les gars en fait. Ils conviennent aussi du fait que les femmes seraient plus maquillées à Téhéran qu'à Paris. Peut-être bien que, sous le voile, la couleur est là, prête à s'offrir dans la maison ou l'intimité, que la féminité n'est pas tout à fait étouffée...
Le travail de Sonia Delaunay, qui expose encore quelques jours au musée d'art moderne, est une jolie réponse à ce questionnement. Dès 1914, l'artiste avait investi la couleur, les formes mouvantes sur ses toiles et sur les tissus. En grande "précurseuse", elle se cousait des vêtements multicolores, y écrivait ou brodait des poèmes. 
Pour elle, la femme devait pouvoir se vêtir à sa guise, pour ne pas être comme tout le monde. Un premier pas vers la libération, à l'époque des corsets. Une autre façon de voir les choses...





dimanche 8 février 2015

Le film "Iranien", un pas vers le dialogue

Ce week-end, aux Lumières à Nanterre, dans le cadre de l'Agora Philo (qui ouvre l'année sur le thème de la démocratie), projection du film, du réalisateur iranien Mehran Tamadon, suivie d'un débat sur le thème "Quelle laïcité pour vivre ensemble ?", animé par P. Gatignon, enseignant à l'Université populaire des Hauts-de-Seine. 
Soirée dense et passionnante qui me motive pour reprendre le blog... après huit mois de silence.

Une rencontre improbable

Mehran Tamadon, iranien et athée, vit en France depuis des années. Il est retourné dans son pays pour ce projet qui lui tenait à cœur : réunir des mollahs (les quatre qu'il a convaincus de venir se trouvant être de la frange la plus extrémiste) dans sa maison de famille près de Téhéran. Pendant deux jours, il leur propose de cerner avec eux l'espace possible commun, de définir ensemble leur commune notion de la laïcité. 
Les hommes se retrouvent pour des heures d'échanges, entre défense de leurs convictions et plaisir de la joute oratoire (sans doute une spécificité orientale ?).


Parler pour mieux se comprendre

Deux conceptions radicalement opposées s'affrontent sur les tapis persans de la grande salle. Néanmoins, la forme de l'échange est au dialogue et à l'écoute. Un mollah pouvant adopter une position plus nuancée que ses collègues, reconnaître certains éléments comme possibles, Tamadon faisant lui aussi des concessions. On frémit de voir mises en mots les raisons de la discorde, on y croit presque. Et si se parler nous aidait vraiment à nous entendre ?
 

Dialogue de sourds ?


Il y a bien échange, mais l'espace dédié à la laïcité reste figé et l'impression qui reste est que les marques n'ont pas bougé, que chacun est cantonné sur ses positions. Tamadon se fait traiter de dictateur laïc... et, pour les mollahs, il apparaît généralement que de nombreux éléments du comportement des hommes (et des femmes) reposent sur des quasi-dogmes : La femme doit être cachée sous le voile pour ne pas tenter l'homme... qui lui ne peut résister, - tout le monde sait ça - c'est ainsi, presque un fait scientifique. D'ailleurs, la science est souvent invoquée pour justifier les prises positions les plus obscurantistes. 

Retrouver l'espace de la laïcité

Il ressort que la démarche du réalisateur est vraiment intéressante : Ne devrait-on pas plus se parler pour mieux s'accepter dans nos différences ? C'est d'ailleurs l'idée de la laïcité - notion si malmenée par les temps qui courent -, bien celle d'un État qui se sépare clairement des Églises (loi de séparation de 1905). Pas de mélange, mais une liberté de chacun d'exercer ou non le culte de son choix dans les limites des lois de la République. À nous d'appliquer ce précepte, sans aucune discrimination. Les quatre mollahs du film, eux, en sont encore bien loin.

Iranien de Mehran Tamadon, présent pour débattre de son film.

lundi 17 février 2014

La vraie couleur des goûts

Il suffit de faire ses courses pour comprendre que, si notre vie manque parfois de sel ou de punch, elle fait la place belle aux produits dotés de saveurs exotiques et de teintes attirantes. Pour être apprécié, le produit doit avoir une couleur, une odeur qui séduisent l'œil et la papille.

Une soupe olfactive
La fraise, le citron, la menthe des sirops de notre enfance ne nous suffisent plus. 
Yaourt, thé, moutarde, biscuit, sel, confiture... sont parfumés à la pistache, aux fruits rouges, à la truffe au cédrat et gingembre... 
Les jus sont "bigoût" et même le sacrosaint Coca Cola se décline à la cerise ou à la vanille. Lorsque j'étais enfant, seul le Fruité (qui s'en souvient ?) osait le double goût pomme-framboise, le savon était à la rigueur à la rose.


5 fruits et légumes par jour... sur la peau ! 
En cosmétique et en produits pour la maison, c'est  pire ! 
L'acérola ou la papaye parfument le gel douche tour à tour rose translucide ou fluo opaque. 
Le savon est à la camomille, au thé vert ou au concombre, le gloss à la mangue - il en a le goût et presque la teinte -, le masque hydratant est à la pêche, le gel exfoliant à la grenade, l'huile de massage à la pomme, l'eau micellaire à l'aloe vera, le shampoing à l'amande, le déodorant au bambou... et la liste est sans fin.


Retrouver l'odeur de la papaye verte
Nos sens ne risquent-il pas la perdition avec tous ces produits qui troublent l'impression première que ces derniers doivent nous procurer : l'onctuosité pour le yaourts, le pouvoir lavant pour le savon, le piquant pour la moutarde, le croquant pour la pomme... 
Ne devrait-on pas mettre le holà à cette invasion de fruits, fleurs et légumes ou herbes fines dans les produits de notre quotidien ? D'autant que bien souvent, c'est un parfum de synthèse qui les modifie. 
Que nous apporte cette opulence  de fragrances dites "exotiques", l'impression d'une vie en couleurs ? De plus, nous deviendrions presque insensibles à la délicatesse de la coriandre, la puissance du gingembre, la fraîcheur de l'orange, au velouté de l'avocat...
Recherchons donc autant que possible la vraie nature des choses (goût, odeur, couleur), ne cédons pas à la surenchère olfactive des fabricants !

dimanche 17 juin 2012

Qui ira à l'Avant Seine ?

Faire venir tous les Colombiens au spectacle 
Ces dernières années, le théâtre de l'Avant Seine de Colombes était devenu un rendez-vous culturel, mêlant dans une programmation éclectique des valeurs sûres du théâtre, de la danse ou de la musique, sans négliger les formes plus rares et des spectacles plus "difficiles", pour un public initié. Avec ce mélange, la salle était comble la plupart du temps.

L'Avant Seine les pieds dans l'eau
Une fois n'est pas coutume, mais je vais faire ma mauvaise humeur ce soir, car la saison 2012-2013 se présente sous d'autres augures, et cela m'énerve fort !
Avec l'arrivée d'un nouveau directeur - Grégoire Lefèvre - et une présentation de la saison (jetez un œil) qui en a laissé pantois plus d'un..., peu de choses connues, des titres qui n'évoquent rien pour la plupart d'entre nous, pourtant un peu habitués aux salles de spectacles. Une programmation repousse-poil, pour faire plaisir à certains par des propositions élitistes auxquelles on avait échappé jusqu'à présent. Pas ou presque de musique. Rien ne me tente... Et puis, il semble que l'on ne se bouscule  pas aux adhésions (alors que d'habitude, c'est la queue et que début septembre, il n'y a presque plus rien)...

je dis ça, mais je n'ai rien vu me direz-vous ? 
C'est vrai que je fais un peu un procès d'intention... Et puis je ne suis pas contre des spectacles ou des formes nouvelles ou intellectuelles. On avait d'ailleurs déjà ça en rayon avec les propositions du Hublot, le "chantier de création théâtrale en mouvement" colombien, dont j'apprécie pourtant la créativité et certaines idées. Mais franchement depuis des années, les sujets, les textes, les démarches sont trop confidentielles, Un de leurs spectacles est d'ailleurs programmé à l'AS. (Je rejoins un peu un de mes camarades blogueur colombien qui s'est agacé sur le sujet.)
Moi, je suis à fond pour des formes culturelles qui vont droit au cœur, qui donnent envie de se ruer sur le texte de Becket ou de Dario Fo pour mieux le comprendre, qui donnent envie d'y retourner, d'y emmener ses enfants, ses parents...

Un compagnonnage avec tous les publics
L'Avant Seine et tous les partenaires colombiens (la MJC, le cinéma, les troupes de théâtre locales, les centres sociaux, le conservatoire, les établissements scolaires... - pardon pour ceux que j'oublie) du spectacle commençaient à réussir à y faire venir tous les publics. Un chemin long et progressif tissant patiemment des offres pour donner envie de découvrir de nouvelles formes culturelles...
Le truc vraiment positif de la nouvelle saison est le travail fait sur la baisse des tarifs pour donner un accès à tous les publics, y compris ceux en difficulté économique, sociale et culturelle. 
Je ne demande qu'à retourner à l'Avant Seine. On en reparlera !

mardi 10 avril 2012

Le bout du bout de la violence et de la haine

Montauban-Toulouse
Je cherchais une "entrée" pour parler des horribles gâchis de Montauban et de Toulouse au mois de mars, sans rabâcher les mêmes choses lues et entendues partout après ces drames. Tout a été dit. 
De la détermination de l'assassin à aller au bout de son plan haineux. De sa transformation ces dernières années. Des interrogations sur le déroulement de l'enquête. Des récupérations politiques. Du sentiment de ne faire qu'un avec tous ceux qui pensent qu'une démocratie doit pouvoir abriter dans la paix ceux qui croient en différents dieux et ceux qui ne croient à aucun.
Mais ce qui reste sans réponse, c'est : comment on en arrive là, à ce bout du bout de la violence et de la haine ?

Égypte
J'ai pensé alors au magnifique livre de l'Égyptien Alaa al-Aswani, L'immeuble Yacoubian, dans lequel l'un des personnages est rejeté, malgré ses efforts, de l'école de police où il mérite d'entrer, à cause du métier de son père qui n'est pas assez important. Désespéré, il se laisse happer et convaincre par l'extrémisme et finit dans un camp d'entraînement d'une organisation islamique, laissant les siens et sa vie d'avant. Terrifiant.

Lille
Le film, La Désintégration, de Philippe Faucon donne une ébauche d'explication. Film à voir, démonstration implacable. Des gens vivent tant bien que mal, à Lille. Les musulmans sont guidés par un imam pacifique et écouté, prêchant le respect de l'autre.
Ali (Rashid Debbouze, le frère de Jamel), jeune en bac pro, plutôt bon, dans une famille avec une mère très humaine (magnifique rôle !) qui pratique l'islam de l'acceptation de l'autre et s'épuise en ménages, un frère et une sœur bien intégrés, un père usé par des années de travail, à l'hôpital. Un quartier, comme tant d'autres, ni plus ni moins. 
Là où ça dérape, c'est quand Ali n'arrive pas à trouver de stage. Plus de 100 CV. Rien pour lui. À chaque fois, on l'évince, les places sont toujours pour les autres, plus... blancs, plus français que lui. À côté de la mosquée, lui et deux copains - largués tous les deux - commencent à fréquenter un jeune qui prend le temps de discuter avec eux, de les écouter, puis subrepticement leur parle du Coran, met des mots sur le sentiment de rejet qu'ils éprouvent, les amène peu à peu à tourner le dos à leur vie d'avant. Le "grand frère" a trouvé des cibles idéales, de la matière à manipuler pour semer dans leurs esprits fragiles une haine implacable, à coup de discours extrémistes.

Un travail d'endoctrinement
On n'y croit pas au début. Même le spectateur est pris au piège. Est-ce que ce pourrait être un début de réponse aux drames qui viennent de se passer ? Pas d'excuse pour Merad, non. Mais le discours de la haine prend particulièrement sur un terreau sans repères, fait de déception, de coups durs. Les manipulateurs forts en rhétorique savent que ceux-là seront des serviteurs zélés de leur terrible cause.
Le titre du film est excellent, car il s'agit là vraiment de l'échec de l'intégration, d'une désintégration.

dimanche 1 avril 2012

Reprendre le temps... au temps

À bas la dictature de l'urgence !
Le retour du printemps et l'envie de flâner me renvoient à un thème avec lequel je chemine depuis quelques années, et qui me passionne, tant au plan personnel que par rapport à la société et à l'évolution des idées : dans quel temps vivons-nous, quel sens ce temps a-t-il ? Et mon temps à moi ?
Au hasard d'une discussion, j'ai découvert La Dictature de l'urgence de Gilles Filchenstein, livre sorti il y a un moment. Pas encore lu à fond, mais le propos est vraiment intéressant. On peut l'écouter en parler ici.

Comprimer le temps à l'excès
Filchenstein y passe au crible les différents temps de notre humanité et leur sens. 
On comprend bien le propos. Il suffit de regarder combien en quelques décennies les nouvelles technologies ont changé nos vies, nos métiers, et l'électroménager celle des mères de famille des années 50... Je ne vais pas tout énumérer, mais si on y regarde bien, tout passe aujourd'hui par le tamis de la vitesse supersonique. 
Et je ne vous parle pas du temps économique où l'on peut chambouler l'équilibre financier d'un pays par un clic, ni du temps politique dont on voit bien - et Sarkozy en est la caricature, voulant qu'on écrive une loi dès qu'une idée lui vient en tête - qu'il se déroule en ultra accéléré, la crise financière ayant encore accentué ce mouvement. je ne dis pas non plus que cette réactivité n'est pas utile, mais il y a des limites ! Mitterrand, lui, disait qu'il fallait donner du temps au temps. Autres temps... autres... présidents.

Ralentir : l'objectif
Ce temps accéléré omniprésent est contesté de multiples parts,  adeptes du lien social et du temps partagé, écologistes, chantres de la décroissance et de la "slowfood", opposants à l'ultra-libéralisme et au profit démesuré...
Pour moi, le temps gagné se mesure à de petites choses. Comme s'efforcer de ne pas prendre de décision sur le champ, s'octroyer quelques minutes à paresser sur un banc, faire des projets sur le long terme, consommer différemment, lire...
Regardons-nous un peu : on n'a jamais le temps, pressés que nous sommes, dans tous les domaines de nos vies, à élaborer des stratégies pour faire toujours plus. Quelle est la finalité de cette agitation ?

samedi 3 mars 2012

J'ai 100 amis


ÇA Y EST, J'Y SUIS !

J'ai cent amis sur facebook...
J'ai pensé acheter un gâteau, déboucher une bouteille pour fêter ça, mais pas possible, ici on est dans le virtuel.

Pourtant, j'ai plein de copains et de copines 
qui m'écrivent ou à qui je raconte des trucs.

Au début, j'étais septique avec les réseaux sociaux*. 
Ça sert à quoi ? 
Pourquoi se dévoiler sur la toile ?
S'immiscer dans la vie des gens, de ses amis pour du vrai, de connaissances, d'amis d'amis, de jamais vus...

Et puis j'y ai pris goût, une sorte de frénésie à me brancher sur facebook, à jouer mon rôle de sentinelle : partager des infos avec ces amis plus ou moins proches, mettre des textes de mon blog en ligne pour accroître sa popularité (!), suivre les nouvelles de mes contatcs facebookiens sur des sujets comme la Tunisie, la vie de ma ville, l'école... 

Il m'arrive aussi zieuter les photos et les commentaires des uns et des autres, je les retrouve et pense à eux, mais je me sens toujours un peu indiscrète...

Bizarre cette façon de communiquer...
Rien ne vaut de se voir entre quat'zieux, discuter autour d'un café ou d'une bière, se montrer des photos et se faire des bisous en chair et en os pour se dire qu'on est amis, non ?

* La prochaine fois, je vous parle de Twitter et de LinkedIn...

lundi 14 novembre 2011

Gaffe à l'intox !

Aujourd'hui, je reçois un mail avec une vidéo et une pétition à signer, avec un commentaire : "pour le droit des victimes".
De quoi s'agit-il ? 
Toujours en éveil (la sentinelle:)), je regarde cela de plus près.

Un homme père de famille raconte le meurtre de son fils (chose horrible), commente la prise en charge judiciaire et nous appelle pour finir de la part de l'Institut pour la justice à signer un texte "le pacte 2012 pour la justice" à l'attention des futurs candidats à la présidentielle.

Comme tout un chacun, je me suis émue de la douleur de ce père de famille devant l'inénarrable, mais je ressens au fil de la vidéo un certain malaise devant des arguments non justifiés, des assertions ouvertes sans explication, ce flou... comme si l'on voulait m'embobiner et surtout me convaincre que la justice française est injuste, que c'est le farwest, le règne des truands et malfaiteurs et des super délinquants.

Je ne crois vraiment pas à l'impact du tout répressif, je me méfie donc.
je ne signe bien sûr pas le texte.
Curieuse, je vais fouiner pour comprendre ce qu'est ce "pacte pour la justice 2012" et ce soi-disant institut, je trouve une contribution sur Médiapart et le blog d'un avocat, maître Eolas, et un long déroulé décryptant la vidéo en question.

Là, soulagement, car le relent d'intox et de manipulation que je pressentais en regardant la vidéo est bien réel et ne sent pas très bon.
Encore une fois, je compatis grandement pour la situation vécue par ce père de famille, mais la vigilance s'impose pour ne pas être la proie des manipulateurs de tous ordres, encore moins lorsque leurs idées caressent l'extrême droite dans le sens du poil.

samedi 27 août 2011

La culture pour les jeunes grâce au Tick'art : C'EST FINI

Les "Tick'Art", qui permettaient, depuis 2001, aux jeunes d'Île-de-France d'avoir accès à des manifestations culturelles à moindre coût, prennent fin cette année.

Merci à L'Express de donner ces précisions, car personne n'en parle...
En cause l'opacité du dispositif peut-être, il fallait être initié pour en connaître l'existence.
J'en avais été informée à la rentrée dernière par une copine (merci !) et en avais du coup fait profiter mon entourage.
Donc 1- pas simple de savoir que cela existe et 2- usine à gaz à utiliser.
Du coup, l'engouement pour cette véritable offre culturelle pour les jeunes n'ayant pas été celle attendue, ce véritable cadeau a été supprimé. Et comme, sauf lorsque des profs ont encouragé leurs classes à s'y inscrire, cela a profité aux mieux informés, aux jeunes déjà dotés d'opportunités culturelles de choix, la majorité des jeunes n'en a pas du tout entendu parler.

En effet, personne ne parle cette suppression
Cela me rappelle, dans le 92,  la difficulté de faire connaître l'existence du Pass92 (un chéquier de 70 € pour chaque collégien pour financer une activité sportive, culturelle ou artistique), c'était presque confidentiel et encore plus pour l'obtenir !
A croire que le conseil général 92 ou le conseil régional n'ont pas trop envie que cela se sache... (Impossible non ?)

La culture, un réflexe qui se prend au berceau
Lors d'une discussion pour le projet éducatif de la FCPE, avec des parents de Colombes en 2010, nous avions évoqué l'importance de l'habitude culturelle dès la maternelle. Avoir l'habitude de fréquenter les théâtres, les salles de concert, les musées était un plus qui se mesurait au cours des études. Les élèves de  la filière Sciences Po du lycée de Colombes l'exprimaient clairement : ils étaient aussi bons scolairement que leurs camarades de Sciences Po, ce qui leur manquait c'était ce bain culturel, ces visites, voyages, récitals, films qu'ils avaient loupé depuis tout petit... 

L'article de L'Express dit qu'il serait question de le remplacer par un Pass plus global... Soyons vigilant, car cette offre culturelle proposée par Tick'Art est une vraie aubaine.
En attendant, une pétition circule, cela ne peut pas faire pas de mal de la signer!
Je vous tiendrai au courant.

dimanche 31 juillet 2011

Pour un Etat palestinien : Le poids des cyberacteurs

Je reçois les alertes d'Avaaz, mouvement mondial de citoyens qui s'expriment sur des sujets sociaux et politiques pour dénoncer des situations critiques de par le monde.
Il m'arrive assez souvent de signer des pétitions, de transmettre aussi des infos autour de moi. Récemment, lors des révolutions dans les pays arabes, ou en soutien à l'opposante birmane Aung San Suu Kyi, contre l'utilisation des pesticides qui bousillent les ruches et leurs habitantes... 
La dernière alerte concernait la Palestine, afin d'encourager les nations récalcitrantes à reconnaître l'Etat palestinien et la réaffirmation des droits de son peuple.
j'ai signé la pétition et ai arrosé largement autour de moi. Après avoir signé, je me suis arrêtée un instant sur le site : sur la gauche, s'affiche une barrette de couleur matérialisant le nombre des personnes qui ont signé (630 449 au moment où je vous parle), et sur la droite, on voit défiler le nom et la nationalité des derniers signataires (Lívia Imperio, Brésil ; سلطان, Arabie saoudite, Anke-Maria Nolte, Allemagne...), avec les petits drapeaux des pays et le nombre de secondes écoulées leur engagement. 

Cela défile de façon presque incessante. 
C'est grisant, cette communauté internationale qui s'élève...

J'en vois qui bougonnent, pensant que cela ne suffit pas. 
Certes, signer n'est pas tout. 
Il faut aussi agir. Mais signer n'est-ce pas le degré 1 de l'engagement, montrant qu'on a pris connaissance, que l'on est conscient de ce qui se passe ?

mardi 5 juillet 2011

Rythme à l'école, on connaît la musique !

C'est le marronnier des ministres de l'Éducation nationale !
Réfléchir à l'organisation de la semaine scolaire.
La dernière fois que Darcos s'est attelé à la réflexion : zou, on a viré le samedi matin, pour arriver à la semaine de 4 jours !
Personnellement, j'étais contre.
On a satisfait les commerçants, les familles à résidence secondaire et ainsi, dans les quartiers moins favorisés, les enfants se tapent deux soirées télé ou jeux vidéo au lieu d'une !
Il y avait à l'époque des systèmes variables en fonction des communes ou des départements. Et, dans ma commune, on était arrivé à une solution intermédiaire : un samedi sur deux. Cela permettait aux parents qui travaillaient, particulièrement aux papas, de continuer à être en lien avec l'école et les autres parents. Peut-être un peu dur pour les familles recomposées, mais le planning était prévu à l'avance, et il suffisait de s'organiser. L'école finissait un peu plus tard en juillet pour faire le bon nombre de jours. Là, c'était moins bien, car un grand nombre d'élèves ne venaient pas la première semaine de juillet.
C'était tout de même un bon compromis, pour l'école élémentaire, j'entends, car, en maternelle, très peu fréquentée le samedi matin, cela ne changeait pas grand-chose. C'est d'ailleurs un scandale dont on ne parle pas, y compris dans les écoles où les enfants auraient tellement besoin d'une matinée d'ateliers, de groupes de langage, de sport à petit effectif...

La question du samedi matin
La semaine de 4 jours, ou comment faire en 4 jours ce qui se faisait en 4 et demi ?  Les enseignants trouvaient la matinée du samedi très productive, les enfants plus calmes. A la fcpe, nous avons eu de nombreux débats, plutôt contradictoires... On a même fait un sondage à Colombes pour que les familles donnent leur avis. Même si on sait que, pour l'intérêt de l'enfant, il vaut mieux étaler, que la rupture du mercredi pour faire d'autres choses est positive. Mais, finalement, peu de parents acceptaient cet argument et la plupart préféraient passer deux jours complets avec leurs mouflets, sans avoir à se lever le samedi pour l'école. Le ministre a tranché dans ce sens de toutes façons.

Collège-lycée, même combat
Il n'est pas question d'adapter les horaires et les emplois du temps au rythme des élèves : C'est la DHG qui détermine tout (nan ! c'est pas un gros mot, c'est en gros le coefficient qui correspond au nombre d'élèves de l'établissement par le nombre d'heures de cours, en fonction de la zone géographique) ; les heures d'enseignement se réduisent, les postes aussi. Pour rappel, 1 enseignant sur 2 partant à la retraite non remplacé - ne parlons pas de la campagne de recrutement de fin juin, car il n'y a plus assez de profs ! Quelle ironie... 
Les principaux et proviseurs font les emplois du temps avec les moyens du bord, sans possibilités de ne pas étaler trop la journée des djeun's, de ne pas faire venir les 6e trop tôt le matin. 
Au lycée, n'en parlons même pas, les élèves ont intérêt à s'adapter ! Pourtant, les chronobiologistes confirment  : le matin tôt, nos ados sont vraiment bons à rien !
Cessons un peu l'hypocrisie ! Dans un contexte de restriction budgétaire, où les moyens ne sont pas mis sur le tapis pour la réussite de tous, ne parlons pas du plaisir d'apprendre... parler des rythmes scolaires est une énormité, que dis-je une bordée de jurons !

Maintenant que je me suis fâchée, si vous voulez savoir où en est la réflexion du groupe de travail et ce qui risque de tomber sur le poil de nos étudiants, petits ou grands, vous pouvez aller voir par là :

Allez, pour conclure, une petite devinette (posée avec malice par un spécialiste de l'orientation et de la formation), histoire de rire (jaune) : Dans quel pays d'Europe seulement 15% des enfants posent une question en classe quand ils n'ont pas compris, contre 80% dans les autres pays ?

mercredi 8 juin 2011

Comment faire passer le message ?

C'est bien la question.

Un de mes amis profs d'histoire pense, par exemple,  à propos du   dernier chapitre du manuel d'histoire de 4e, trop "gentiment" intitulé par Hachette "Le partage du Monde", qu'il serait possible d'illustrer ce qu'étaient les  zoos humains de façon plus percutante...
Comment ? Par exemple, avec la photo des Canaques trimballés a Paris pour l’exposition de 1931… parmi lesquels  - dit le sous titre -, le grand père du footballeur Karembeu. 


Cette référence fait que, tout à coup, le racisme devient présent, vivant : il touche quelqu’un que les jeunes admirent. C’est le défi du prof de trouver les mots, les instruments qui permettront à l’autre de réagir, de voir l'injustice, l'atteinte au droit de la femme, l'absurdité, la problématique du développement…


 Grâce au journal du jour, il évoque Sakineh,  la jeune femme pakistanaise condamnée à la lapidation pour adultère, ou bien les risques que fait courir la construction du barrage des Trois Gorges en Chine : plus de 700 personnes emportées par les flots après la rupture de ce gigantesque ouvrage hydroélectrique (le plus grand du monde) sur le Yang-Tsé kiang

Tout un inventaire à la Prévert... 
Les sujets ne manquent pas. 
On n'en parle pas forcément.

Quant au boulot du prof, même si l'histoire relate les faits, elle tente de les expliquer et je sais qu'il éveille les esprits en parlant ainsi à ses élèves. 
La petite graine des indignés, toujours elle.

samedi 16 avril 2011

Des jurés populaires : une mesure populiste ?

La nouvelle marotte du président
Selon le Garde des Sceaux, voilà une mesure souhaitée par les Français.
Pas par moi en tout cas. Je pense que c'est à la justice de rendre justice, avec des magistrats en suffisance et correctement formés.
12 Hommes en colère, Sidney Lumet, 1957
Deux citoyens seraient donc tirés au sort pour juger des délits graves en correctionnelle et des décisions de libération conditionnelle, au côté de trois magistrats professionnels. Cela pourrait être effectif dès 2012.

Jusqu'à présent, ceci se passait en  pénal, les jurés des assises s'exprimant selon leur intime conviction sur la culpabilité de l'accusé. Voir le superbe film Douze Hommes en colère de Sydney Lumet, véritable huit-clos où l'on voit s'exprimer toute la palette des positions pour arriver à... (je ne le dis pas pour ceux qui n'auraient pas vu le film !) une décision unanime.
Alors, pourquoi étendre cette mesure ?
D'abord, elle coûtera cher (organiser la nomination, l'accueil des jurés), puis surtout alourdira encore la machine judiciaire, car les jurés ne sauront pas, il faudra les former à cette prestation. Du temps et de l'argent en plus, alors que déjà l'on sait que les tribunaux sont débordés, que les affaires prennent du retard. 
On comprend que les magistrats soient très réticents pour toutes ces raisons, sans parler du fait que cette affaire les discrédite.
Quel est le sens de cette décision ? Faire croire aux Français que ce sont eux qui décident ?
Quel sera le poids des prises de positions de ces deux jurés (selon qu'ils sont laxistes ou au contraire très durs) ?
Est-ce que tout ce blabla ne serait pas destiné à faire passer comme une lettre à la poste la mesure permettant que les mineurs récidivistes de 16 ans soient maintenant jugés comme des adultes ?

vendredi 15 avril 2011

Réforme de la garde à vue : A vos marques, prêt, partez !


Le gouvernement aussi fait les choses très vite...
A en juger par la rapidité avec laquelle certaines décisions sont prises, notamment ces jours-ci en matière judiciaire.

Ça y est la réforme de la garde à vue sera appliquée "sans délai" (en vigueur dès le 1er juin mais applicable dès maintenant). La Cour de Cassation vient de le dire.


Donc, cela semble vraiment être une bonne chose : droit au silence du gardé à vue et assistance d'un avocat pendant les auditions (jusqu'à aujourd'hui une demi-heure d'entretien avec le mis en cause au début de la mesure).
Il fallait le faire, certains gardés à vue ne voyaient pas d'avocat et on leur arrachait parfois des aveux un peu expéditivement. D'ailleurs, une décision du Conseil constitutionnel du 30 juillet dernier avait jugé que les modalités de la garde à vue  en France n’étaient pas conforme au droit commun et au respect des libertés individuelles.

Le problème, c'est qu'aujourd'hui les avocats ne sont pas formés pour cette intervention "de la première heure". Ils devront l'être vite fait, sans quoi la décision prise ne sera qu'un effet de manche (d'avocat) de plus... 
Autrement dit, une mise en place précipitée, faite dans le dos des policiers qui l'ont en travers de la gorge, car ils se sentent remis en question et disent que ces mesures freinent leur enquête.
Décision nécessaire cependant car, selon la commission des Lois de l’Assemblée, le nombre de gardes à vue en France est passé de plus de 300 000 en 2001 à près de 900 000 en 2009, dont un tiers pour délit routier. 

Il va en falloir des avocats dispos pour entendre tout ce monde-là !
A surveiller de près dès demain donc...  

vendredi 25 mars 2011

Atomkraft ? Nein Danke !*

Alors qu'une catastrophe nucléaire vient de s'abattre sur le Japon, après les ravages causés par le tsunami, nous voici amenés à prendre notre place dans ce grand débat sur l'énergie et sur le choix nucléaire fait par la France. Car, là où la chancelière allemande prend immédiatement la décision de geler tous les programmes, le gouvernement français continue, persévère et met en avant sa technologie et ses systèmes ultra-performants.

N'est-il pas temps de mettre, nous aussi, un frein à la construction des centrales en France ? Fermons les centrales trop vieilles, ne lançons plus de nouveaux projets, et arrêtons là les frais ! 
Et que chacun d'entre nous, peu à peu modifie ses habitudes de vie en cherchant des solutions alternatives Ceci dans le moyen terme, pas question de culpabiliser ceux qui ne peuvent faire autrement que rouler tous les jours en voiture, ceux qui travaillent dans les centrales et ceux qui n'ont pas la possibilité d'installer des panneaux solaires sur leur toit. 

Le drame au Japon doit nous faire changer nos mentalités, pas du jour au lendemain mais, progressivement, faisons le choix du renouvelable, et chacun verra qu'il peut faire différemment, voire autrement.
Et puis, pour finir, le nucléaire n'est pas une source énergétique inépuisable, 3 ou 4 siècles tout au plus d'autonomie, tout comme le charbon, puis le pétrole aujourd'hui, il va nous falloir faire sans.

* Nucléaire non merci (slogan des antinucléaires allemands), ces mots fleurissaient en Allemagne dans les années 80. Ceux qui étaient déjà parmi nous dans les années 70 reconnaîtront le petit "smiley" avant l'heure qui était collé à l'arrière des 2CV ou des 4L ! Voir le site : http://nucleaire-nonmerci.net/

dimanche 13 mars 2011

dépistage prénatal de la trisomie 21 en question

Le 15 février les députés ont voté un amendement sur le dépistage prénatal de la trisomie 21. Les gynécologues sont défavorables à cette mesure. Et vous ?

 
Qui peut demander le dépistage de la trisomie 21 chez l'embryon ou le fœtus? 
D'après l'article 9 de la loi sur la bioéthique, toutes les femmes enceintes peuvent réclamer le test.  
Mais un amendement du rapporteur UMP Jean Leonetti, voté par les députés contre l'avis du ministre de la Santé, Xavier Bertrand, donne un rôle accru au médecin pour décider d'un diagnostic prénatal. Selon le texte, le diagnostic sera proposé par le médecin "lorsque les conditions médicales le nécessitent".
 
L'amendement soutenu par Leonetti agite le monde médical... et la gauche qui y voit "une restriction". 
Pour la Fédération des collèges de gynécologie médicale, le Collège national d'échographie foetale, des gynécologues et des obstétriciens français, des sages-femmes le texte ne respecte pas les droits du patient.
 
"L'idée de certains députés, au nom de convictions idéologiques et religieuses, est de dire que ce n'est pas la peine d'informer une femme de 20 ans sur les risques de trisomie 21", a réagi le docteur Nicolas Fries dans Le Parisien , président du Collège français d'échographie fœtale. "Or, 70% des enfants trisomiques naissent de mères de moins de 38 ans, tout simplement parce que, statistiquement, il y a beaucoup plus de femmes enceintes de moins de 38 ans.

"C'est la base du devoir du médecin d'informer toutes ses patientes", ajoute Joëlle Belaisch-Allart, chef du service de gynécologie et d'obstétrique de l'hôpital de Sèvres 
Le député PS Alain Claeys, président de la commission spéciale chargée d'examiner le projet de loi relatif à la bioéthique, s'est déclaré défavorable à l'amendement. Tout comme Philippe Vuilque (PS), qui a employé les mêmes mots que le ministre: "C'est à la femme de choisir". 

Le Sénat doit prochainement statuer sur cet amendement. Sa décision fixera le sort réservé au dépistage prénatal de cette pathologie.  
(tiré de L'Express)

Suivons cette atteinte au droit des femmes de près !