Fâcheries et engouements

Fâcheries et engouements
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lundi 21 octobre 2013

L'Eldorado de Bouli Lanners

De grandes personnes
J'avais découvert son univers avec le film Les Géants, pathétique errance de trois ados dans les Ardennes belges durant l'été. Abandonnés par les adultes, livrés à eux-mêmes, ils défrichent le monde, leur monde. 
Les prises de vues donnent à leur escapade des airs de Délivrance de John Boorman. Bouli Lanners excelle à montrer la dureté de la vie, l'âpreté des personnages, écorchés, touchés par la pauvreté, tout en laissant apparaître des soubresauts d'humanité, d'amitié.


Une rencontre
Le langage du réalisateur était le même dans Eldorado. Cadrages inattendus, surprenants, les champs et forêts ardennoises sont immenses, majestueux.
Deux personnages en errance, une fois encore.

Mais là, ce serait plutôt Thelma et Louise au masculin, en plus pathétique, ou Paris Texas de Wenders, pour le vagabondage des personnages.
Un huis-clos plein d'émotions teintées d'humour qui se déroule dans une Chevrolet sillonnant la campagne belge magnifiée, un espace immense, amplifié par la façon de filmer, tour à tour intime ou lointaine. 
Une rencontre entre deux solitudes, des dialogues d'un réalisme incroyable, une musique superbe que les nuages poussés par le vent accompagnent.
Bouli Lanners au volant de la voiture embarque dans une sorte de road-movie salvateur un junkie au grand cœur qui a fui la "ville", et où il retournera...  On est ému, on rit aussi, on touche ici à l'essentiel.

vendredi 14 septembre 2012

Non, les choses ne sont pas ce qu'elles semblent être...

C'est la lune - pense le quidam moyen -, dans un ciel d'encre ! Eh non ! La grosse boule abat-jour de mon salon avec un drôle de reflet du soleil.


mercredi 11 avril 2012

Oh les beaux jours !

Belle performance d'actrice
Un grand moment hier à l'Avant Seine de Colombes, la pièce Oh les beaux jours de Samuel Becket, avec Catherine Frot, poignante et lumineuse dans le rôle de Winnie, comme Madeleine Renaud en 1971.
Elle tient la scène à bout de voix plus d'une heure, enfouie dans une sorte de roche magmatique, au milieu d'un paysage marin, se parlant à elle-même et s'adressant à son compagnon de toujours, le sombre et silencieux Willie.

Un appel à la réflexion
La pièce de Samuel Beckett  nous fait réfléchir à notre condition, au temps qui passe, à notre vieillissement.
Winnie, enfouie dans le magma, isolée loin de tout, seule avec Willie, émaille la monotonie de ses journées d'un discours ininterrompu, dont le spectateur est le confident. 

Le reflet du temps qui passe
On est témoin de ses rituels immuables (la toque, les objets sortis et remisés dans le sac) et on l'écoute parler : les mots qu'elle oublie, ses formulations d'un autre temps (oh le vieux style !) qui la font sourire, les souvenirs qui remontent, sa coquetterie, des réminiscences  érudites (Aristote ne m'aurait pas contredite), sa gaité presque enfantine, et le couple... une relation faite d'habitudes, de silence aussi, que l'on poursuit sans même s'en apercevoir (Willie est situé derrière elle, invisible aux spectateurs aussi).

Samuel Beckett (1906 - 1989)
Une métaphore de la vie, de notre vie ?
Les deux personnages vivent un temps qui se réduit, dans un espace qui se restreint (elle dans la roche jusqu'à la taille au début, jusqu'au cou au deuxième acte, lui sorte de rampant dans des galeries), une mobilité qui s'amenuise. Ils se retrouvent dans une sorte de matrice originelle, le ventre de la terre...
À la sortie du théâtre, les sentiments étaient partagés, certains trouvant la pièce trop pessimisme, d'autres plutôt réaliste... 
Personnellement, j'ai été complètement captivée. La vie n'est-elle pas cette valse-hésitation entre déchéance et résistance, entre gaité et silence ? Et l'univers de Beckett, foutraque et décousu, permet d'aborder avec humour le difficile thème de la fin de la vie et son absurdité. 
Le summum de la représentation théâtrale, n'est-ce pas ?

dimanche 4 septembre 2011

JANE EVELYN ATWOOD, GRANDE PHOTOGRAPHE

La Maison européenne de la photographie propose une rétrospective de cette grande photographe américaine dont l'œil a été, ces dernières décennies,  à l'affût de grands drames ou horreurs de notre monde. 
Grâce aux photos présentées à la MEP jusqu'au 25 septembre, on pénètre derrière les barreaux des prisons de femmes (terrifiant), on suit l'agonie d'un malade du sida, la lutte pour la vie des Haïtiens avant et après la catastrophe, de jeunes aveugles dans leur institution (troublant), l'intimité de prostituées qu'elle a suivies au quotidien, ou les dégâts des mines antipersonnel. Souvent en noir en blanc, c'est fort, dénonciateur, puissant.

D'autres expos, notamment celle consacrée au magazine De l'air qui fête ses dix ans je crois, et un reportage de Grégoire Korganov qui m'a beaucoup touchée ; il s'intitule "Père et fils". Des portraits dénudés de fils à côté de leur père, chacun dévoilant dans son attitude la profondeur de son lien à l'autre. Une émotion rare...

mercredi 24 août 2011

Post-it et communication...

Un bonhomme rigolo
Un vrai phénomène de société
Je rentre de vacances et là je débarque complètement (3 semaines sans nouvelles de l'Hexagone, je suis  forcément passée à côté  de plein de trucs !). Je découvre donc que, en août, les fenêtres de mon entreprise ont accouché de créatures assez particulières...
C'est parti d'une tour de la Défense et, depuis le début du mois, les fenêtres se répondent  d'un immeuble à l'autre avec des dessins en post-its, (je veux dire les "becquets partiellement enduits d'une colle qui permet de les décoller et de les repositionner", dixit le petit Larousse, enfin, vous voyez de quoi je veux parler ?). Souvent tirés des figurines de jeux vidéo, c'est devenu une vraie joute, à qui fera le plus beau, à qui attirera l'attention des gens des bureaux en face. Levez les yeux, si vous avez des entreprises par chez vous et vous verrez qu'il y en a partout. La post-it mania gagnerait toute la France... 


Pas très productif, certes, mais il y a des réalisations géniales et si cela permet des rencontres et du lien dans les open space, c'est plutôt chouette ! Et puis, je suis assez fière de mes collègues, car leurs collages sortent vraiment de l'ordinaire. Mais la créativité ne s'arrête pas là : http://vimeo.com/27759761


La Semeuse (Larousse)




mercredi 29 juin 2011

Taponier et Ghesquière libres !

547 jours de captivité !
Enfin libres !


On est contents, on pensait à eux tous les jours...
Les deux journalistes français Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier ont été libérés après 547 jours de détention en Afghanistan, a annoncé Reporter sans Frontières mercredi après-midi, sur Twitter. Les deux journalistes de France Télévisions étaient détenus depuis près d'un an et demi, après avoir été capturés par des talibans alors qu'ils étaient en Afghanistan sur le tournage d'un reportage pour l'émission "Pièces à convictions".

L'info en direct, je l'ai vue arriver !
J'ai appris la nouvelle vers 15 h par une collègue qui "twitte" (chut) et je me suis pour la première fois branchée sur les brèves qui défilent sur le net à mesure que les twitteurs du monde entier les envoient (re chut) : en quelques instants, la nouvelle incroyable est passée d'hypothèse ultra supposée à confirmation au conditionnel, puis absolument certifiée par le gouvernement et commentée par les familiers des deux journalistes.

Un nouveau mode de communication est né ?
Lors des révolutions arabes, j'avais entendu parler de la rapidité et l'efficacité de cet outil, c'est fabuleux. Laissons-les se poser, respirer après 18 mois de captivité... Ils raconteront en direct, en attendant, branchez-vous pour connaître en avant-première les détails, causes et tractations de leur enlèvement. Tout ce qui est publié n'est pas utile, il faut trier l'info, naviguer par là et sur les "médias officiels".

mardi 24 mai 2011

Pourquoi un blog ?

Mes "fâcheries et engouements" sont devenus en quelques mois un sacré passe-temps, m'amenant à poser par écrit les préoccupations et marottes qui m'agitent et me soubresautent.

Mais cet exercice, s'il est important, n'a de sens que si ces textes donnent lieu à des échanges avec des lecteurs. Autrement dit, avec vous.

Si vous réagissez, critiquez ou applaudissez, si vous m'envoyez vos découvertes et révoltes, et surtout et d'abord... me lisez.

Pour me parler, vous devez vous créer un profil (Google ou autre, je suis pas sectaire) et vous pourrez ainsi poster un commentaire. Les audacieux auront même sle droit de  s'abonner aux fâcheries (en bas du blog). Ils seront ainsi réveillés tous les matins par mes coups de gueule (non je rigole !). Un truc à faire aussi c'est de vous mettre "fâcheries et engouements" en favori, comme ça vous y avez accès plus facilement

En tout cas, moi je vous attends ici de pied ferme, sans ça j'arrête tout !

dimanche 15 mai 2011

We want...l'égalité des salaires entre femmes et hommes

We want sex equality
Un petit bijou à voir si ce n'est déjà fait. Dans la veine des belles comédies britanniques (Full Monty, Les Virtuoses, Be happy...), ce film de Nigel Cole met en scène un groupe d'ouvrières d'une usine Ford de Dagenham, dans la banlieue londonienne en 1968 qui fait 3 semaines de grève pour la revalorisation de leur statut

Menées un peu par hasard par Rita (très touchante Sally Hawkins), les revendications des femmes évoluent et se portent sur l'égalité des salaires. Impensable pour l'époque dans une société clivée, avec des syndicats très masculins, soucieux de préserver leurs privilèges, où la femme est encore cantonnée dans son rôle domestique. 

L’histoire est véridique et la grève de ces ouvrières conduisit, deux ans plus tard, au vote de la loi sur l’égalité des salaires. C’est d’ailleurs une femme, la ministre travailliste à l’Emploi, Barbara Castle, qui, gagnée par la cause des grévistes de Dagenham, lancera la loi qui sera votée en 1970.   

C'est enlevé, drôle, humain. Un vrai film militant  qui montre la force des actions menées en commun, la puissance de la solidarité entre ces familles, la grâce de ces femmes qui ont mené un combat aussi décisif que les suffragettes en leur temps. Un peu fleur bleue à certains moments mais franchement ça fait plaisir et du bien !


dimanche 3 avril 2011

Le poids d'une signature

Vos signatures ont du pouvoir !  

Pour en être convaincus, regardez jusqu'au bout :


Créé gracieusement en 2008 par l’agence TBWA\Paris, ce film, à la fois percutant et plein de poésie,  montre le pouvoir que détient chacun lorsqu’il se mobilise et à quel point une signature peut être source de protection et d’espoir pour les personnes en danger.