Fâcheries et engouements

Fâcheries et engouements
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mardi 6 septembre 2011

Rentrée 2011 : quoi de nouveau ?


En bref, de quoi est faite cette rentrée scolaire ?
Des chiffres : 
- 12 millions d'élèves 
- 16 000 suppressions de postes
Des nouveautés dont on reparlera :

- Le retour de la morale en primaire, souhaitée par Luc Chatel : à raison de quelques minutes par jour, le professeur sera tenu de transmettre à ses élèves « un certain nombre de valeurs ». Ah oui, mais lesquelles ?

- Davantage de sport au collège : Chic ! (ne vous excitez pas, cela concerne seulement des établissements expérimentaux).

- La philo dès la seconde
: Porque no ? Tout dépend du contenu, de la forme que cela prendra.Et puis avec quels profs de philo ? (Ah oui ceux qui sont partis à la retraite !)

- 212 640 élèves handicapés scolarisés : depuis 2005, la scolarisation des élèves handicapés n'a cessé de progresser. Ils seront 212 640 cette année (dont 90% à temps complet), soit 11 250 de plus que l'année dernière. Pour les accompagner, 2 000 contrats «d'assistants d'éducation» vont être créés. Le truc à surveiller, c'est qu'ils le soient vraiment, car l'an dernier, des postes ont giclé !

- La réforme des enseignements des classes de première. L, ES et S suivront un tronc commun de 15 heures de cours hebdomadaires qui devrait leur permettre de changer de filière au besoin à la fin de l'année (Ça on en doute fort ! On se demande comment ce sera possible). Le total des heures de cours devrait se situer aux alentours de 28 heures par semaine.

Des trucs qui fâchent vraiment  !

- Autonomie de recrutement : initiative, que l'UMP voudrait généraliser, qui va être testée pour quelque 911 postes de 325 collèges et lycées défavorisés. Ah Chatel aimerait tant que l'Éducation nationale soit une grrrande école privée !

- De moins en moins d'enfants scolarisés dès deux ans : 34,5% en 2000 à 12,6% à la rentrée 2010. Forcément, en supprimant encore 16 000 postes cette année, cela ne risque pas de s'arranger.   Ça c'est une vraie mauvaise nouvelle dont pâtissent les familles moins favorisées.

-Pré-orientation vers la voie professionnelle en 3e : Allons bon, pourquoi pas dès la 6e pendant qu'on y est ? On y reviendra.

- Évaluation en 5e, expérimentale, sera généralisée en 2012. C'est la maladie de l'évaluation ma parole ! Quand c'est qu'on a les résultats ? Et qu'est-ce qu'on fait de ce qu'on évalue ? Quels moyens pour remédier ? Qu'est-ce qu'on fait  dès la 6e avec les élèves dont on sait qu'ils foireront leur éval' en 5e ?

Des sujets à creuser

Nouvelles sanctions, nouvelles mesures disciplinaires
Un nouvel éventail de sanctions est entré en vigueur au 1er septembre.
Parmi les sanctions, les collégiens et lycéens pourront se voir infliger une tâche d'intérêt commun en dehors des heures de cours, appelée «mesure de responsabilisation» qui  obligera les élèves sanctionnés à « participer en dehors des heures d'enseignement à des activités de solidarité, culturelles, de formation ou à l'exécution d'une tâche à des fins éducatives ». (Bonjour la mise en place de ces mesures de responsabilisation ! Les équipes de direction ont intérêt à être drôlement responsables pour y arriver !)
Selon ce texte, "l'engagement d'une action disciplinaire sera automatique dans certains cas de violences verbales, physiques ou d'autres actes graves"
Le Conseil supérieur de l'éducation (CSE), qui représente notamment enseignants, lycéens, parents, étudiants et collectivités territoriales, et dont l'avis n'est que consultatif, a contesté cette automaticité de la sanction, notamment pour les violences verbales. 
Car, qui dit qu'il y a (ou pas) violence verbale ?

Par ailleurs, "l'exclusion temporaire de l'établissement ne pourra excéder huit jours, au lieu d'un mois auparavant" afin de limiter les risques de décrochage scolaire... 
Là, j'applaudis des deux mains, car les exclusions temporaires, échelon avant le conseil de discipline, lorsqu'elles ne sont pas internées et consistent à renvoyer le jeune chez lui se prélasser devant la télé ou zoner dans la rue toute la journée, sont une mesure de non-assistance à personne en danger !

Le dernier sujet pour aujourd'hui, c'est la polémique sur les manuels de sciences de première L et ES et de la levée de bouclier de parlementaires  qui pensent que le chapitre des programmes «Devenir homme ou femme» n'y a pas sa place, insistant trop, selon eux,  sur la dimension culturelle de l'identité sexuelle et faisant référence à la "théorie du genre".

Pas sûre d'avoir tout compris, mais on reparlera de tout ça

samedi 14 mai 2011

Evaluer, c'est quoi ?

Evaluer, c'est mesurer les connaissances de quelqu'un à un moment t et mettre ensuite en place la remédiation ad hoc pour qu'il puisse les maîtriser.
Plutôt intéressant, si l'objectif final n'est pas de classer les gens en fonction de leurs résultats aux évaluations ; dans ce cas, le volet remédiation n'aurait alors plus d'intérêt. 

A l'école, c'est très à la mode en ce moment, le ministère de l'Education nationale étant  pris, depuis quelques années, d'une frénésie de l'évaluation...
Nos enfants sont en effet évalués à plusieurs moments de leur scolarité. Et, si certains parents n'en voient pas toujours l'enjeu, la polémique est là et des enseignants, des parents sont très critiques.

A quoi servent ces évaluations ?
Les enseignants n'évaluent-ils pas constamment, au quotidien, à chaque  heure, les aptitudes, la compréhension de leurs élèves ? Et ne mettent-ils pas en place des batteries de trucs et d'exercices pour remédier ? N'est-ce pas là tout l'art de leur métier ?
S'il faut se donner une idée générale, ne peut-on évaluer sur des "échantillons", des classes, des établissements témoin ?
"Nous avons besoin de disposer d'outils de repères incontestables à des moments clés de la scolarité obligatoire", dit Luc Chatel.

Soit.Tout dépend de ce qu'on fait de ces outils. Cela dépend aussi du coût de ces évaluations nationales et du budget consacré à la remédiation.Tiens d'ailleurs, où sont passés les rased ? Et les heures d'accompagnement individualisé au collège et au lycée, comment sont-elles utilisées ?

De plus, en écho au point de vue de la fcpe, pourquoi des évaluations en juin en CE, CM2 et 5e. N'y a-t-il pas dans ce procédé l'idée d'orientation précoce qui revient au galop ?  Alors que les mêmes évaluations en début d'année permettraient aux enseignants de mettre en place une pédagogie adaptée à la réussite du plus grand nombre

Enfin, l'évaluation ne doit pas sanctionner un élève qui ne maîtriserait pas une connaissance. Si on faisait ça, on ferait fausse route totalement, n'est-ce pas ?
L'objectif de l'école est bien de faire apprendre, acquérir des connaissances, développer les esprits divers, bien faits  et non formatés, qui feront la France de demain ?

Des élèves, futurs citoyens à l'esprit libre, est-ce vraiment le but recherché ?

Un ouvrage qui permet de situer la démarche française dans le contexte actuel. 
Xavier Pons, L'évaluation des politiques éducatives, PUF. 

samedi 30 avril 2011

Les parents d’élèves doivent prendre les affaires de l'école de leurs enfants en main

16 000 suppressions de postes programmées à la rentrée 2011 
Cela se traduira par l’augmentation du nombre d’élèves par classe dans les écoles, les collèges et les lycées, par des fusions d’écoles, des fermetures de classes et encore plus de problèmes de remplacement à venir… 

C’est à la qualité de l’enseignement et à l’accès de tous les élèves au service public d’éducation que s’attaque le gouvernement !
Partout, il y aura moins d’adultes dans les écoles et établissements scolaires alors que les effectifs augmentent.


La FCPE a pris l’initiative d’une pétition à destination du ministre de l’éducation, des députés et des sénateurs.
Signez et faites signer la pétition en ligne à l’adresse http://petition.fcpe.asso.fr/

samedi 9 avril 2011

Connaissez-vous la constante macabre ?

C'est une réflexion de chercheurs en éducation qui repose sur la constatation qu'en France les élèves sont évalués selon la logique des 3 tiers, à savoir 1/3 de "bons", 1/3 de "moyens", 1/3 de "mauvais" (je mets des guillemets car on ne sait pas bien ce que cela recoupe, le travail, la copie ou l'individu...). On a même constaté qu'un prof, dont tous les élèves auraient d'excellents résultats à un devoir, serait considéré comme trop coulant, pas assez exigeant ("on", ce sont les parents mais aussi les élèves qui sont conditionnés par cette vision de la réussite scolaire). C'est une habitude, une façon de voir les choses et c'est ainsi ; renseignez-vous dans les classes de vos enfants, vous verrez !

Parallèlement à cela, l'enquête PISA (enquête menée tous les trois ans auprès de jeunes de 15 ans dans les 34 pays membres de l'OCDE et dans de nombreux pays partenaires), qui évalue entre autres le système éducatif, montre que les résultats des élèves français sont assez moyens et qu'ils sont parmi les derniers dans la perception du bien-être à l'école... 

D'où le cheminement des chercheurs du "Mouvement contre la constante macabre" : amener l'école à remplir la mission de mieux faire apprendre et non pas sélectionner les élèves en fonction de leur résultats à des contrôles ou des examens.

Alors quelles propositions ? Evaluer les élève sur des choses qu'ils savent et non pas leur tendre un piège avec l'exercice que personne ne sait résoudre (celui-là on peut le faire en classe, tout le monde en profite), cela concerne les enseignants et aussi les parents qui ont du mal à fonctionner autrement ou qui sont super angoissés si leur enfant ne réussit pas le difficile exercice que personne ne sait faire.
Des mentalités à changer, un système éducatif qui encourage et valorise les jeunes... beau programme !

Le café citoyen ( Le Cercle d'Etudes et d'Initiatives Civiques de Colombes  Colombes réunit une fois par mois à la MJC de Colombes pour une débat) s'est tenu sur le sujet de l'évaluation et un militant de la MCLCM animait les débats.
Je vous ai mis l'eau à la bouche ?
Allez faire un tour sur http://mclcm.free.fr/

jeudi 31 mars 2011

Violences à l'école

Une recherche menée par l'Unicef et dirigée par Eric Debarbieux et Georges Fotinos, évalue à un enfant sur dix le nombre d'élèves subissant un harcèlement répété à l'école. 

Des données plus ou moins douloureuses
Selon G Fotinos, 42% des élèves n'aiment pas leur cantine et 24% le personnel de cantine. C'est un pourcentage important d'enfants pour qui le temps du repas n'est pas vraiment celui de la relaxation.
28% n'aiment pas aller à l'école.
17% ont de mauvaises relations avec leurs camarades et 8% ont peur à l'école.
12% des élèves sont victimes de micro violences répétées, c'est à dire de harcèlement.
Un enfant sur dix est victime de moqueries.
7% de violences physiques fréquentes.  14% d'agression sexuelle (déshabillage forcé, voyeurisme etc.). En fait l'étude montre que ces violences se répètent sur les mêmes enfants. "Quand un enfant commence à être harcelé", explique E Debarbieux, "toutes les formes de violence lui tombent dessus". Ce harcèlement a des conséquences graves : dépression, suicide, fuite vers la violence, décrochage scolaire. Les agresseurs sont nettement plus souvent des garçons que des filles.

Que faire ?
Pour Eric Debarbieux, il est possible de réduire ces souffrances. Il a cité les exemples des pays d'Europe du Nord qui ont réduit de moitié le harcèlement grâce à des programmes mis en place dans les écoles. Or en France, "la notion même de programme est ignorée". "10% des élèves sont un peu borderline", ajoute-il. "Ils ont besoin d'une intervention spécialisée que les Rased savent faire. Il restera 2 à 4% plus durs. Il faut penser à eux". Le rapport relance l'idée d'une prévention précoce et donc d'un repérage de ces enfants.

"Ils ont besoin d'une intervention spécialisée que les Rased savent faire."
Pourtant, on assiste à l'éradication des Rased.
Il y a quelque chose que je ne comprends pas...

Tiré du Café pédagogique du 30 mars
Lire le rapport complet
http://www.unicef.fr/contenu/actualite-humanitaire-unicef/l-eco%5B...%5D

dimanche 13 mars 2011

Marche pour l'éducation


16 000 suppressions de postes dans l'Éducation nationale
Suite aux annonces dans les collèges et les lycées, les conseils d'administration ont très souvent voté contre les propositions de l'inspection académique.
Dans le primaire, l'annonce de la répartition des 71 suppressions de postes dans les Hauts-de-Seine a été repoussée à... après les élections cantonales.
De mauvaises nouvelles sont donc en préparation, avec, particulièrement, des attaques contre les RASED et contre les écoles en zone prioritaire. 

Suite à une initiative prise par les parents et les enseignants de Colombes, une marche a été organisée en direction de la préfecture de Nanterre, samedi 12 mars à partir de 14 h. Des parents et enseignants de Bois-Colombes, de Clichy et ont rejoint sur le chemin de Nanterre.

Une délégation a été reçue par le préfet à 16 h, qui a dit qu'il entendait et transmettait...

Prochaine étape : manifestation à Paris samedi 19  mars, 
départ mairie de Colombes à 14 h 

mardi 1 mars 2011

L'éducation pour tous, c'est pas pour demain !

Le rapport mondial de suivi sur l'Education Pour Tous (EPT), rédigé par l'Unesco, affirme que ses objectifs ne seront pas atteints en 2015 malgré les engagements internationaux. Il met en avant le poids des conflits dans les difficultés des systèmes éducatifs.

La crise ne suffit pas à fragiliser les progrès scolaires. Elle amène avec elle son amie la guerre qui achève dans certains pays de détruire la scolarisation et surtout celle des filles.[...] 
"De 1999 à 2008, 52 millions d’enfants supplémentaires ont été scolarisés dans le primaire. Le nombre d’enfants non scolarisés a été réduit de moitié en Asie du Sud et de l’Ouest. En Afrique subsaharienne, les taux de scolarisation ont augmenté d’un tiers malgré un fort accroissement de la population en âge de fréquenter l’école primaire" souligne le rapport. La mortalité infantile a baissé et la parité s'est améliorée. 

 " La faim freine les progrès. Dans les pays en développement, 195 millions d’enfants de moins de 5 ans – soit 1 sur 3 – souffrent de malnutrition", souligne l'Unesco. Or ces carences nuisent au développement de l'enfant. " Le nombre des enfants non scolarisés diminue trop lentement", juge l'organisation, d'autant qu'une proportion importante des enfants ne finit pas le primaire. Or on sait qu'il faut un ancrage long pour que la lecture et l'écriture restent en mémoire. 

"La crise financière mondiale a accru la pression qui pèse sur les budgets nationaux", explique l'Unesco. Sept des 18 pays à faible revenu étudiés dans le Rapport ont procédé à des coupes dans leurs dépenses d’éducation en 2009. Ces pays comptent 3,7 millions d’enfants non scolarisés. L'aide internationale s'est réduit. Il faudrait 16 milliards par an pour financer l'EPT or l'aide ne reçoit que 5 milliards. [...] 

Les guerres n'épargnent pas l'Ecole. "Plus de 40 % des enfants non scolarisés vivent dans des pays touchés par un conflit", relève l'Unesco.[...]  À l’heure actuelle, 21 pays en développement dépensent plus pour l’armement que pour les écoles primaires : Rappelons que la moitié des enfants non scolarisés vivent dans 15 pays seulement. La moitié des analphabètes dans 10. [...] 

Les progrès éducatifs prennent du temps. Ce que montre aussi le rapport, c'est le cercle vertueux qu'introduit l'éducation dans un pays. Ainsi les progrès éducatifs font baisser la mortalité infantile, améliorent les résultats économiques et font progresser la parité. Mais le progrès éducatif est aussi plus lent que ce que les conférenciers de 2000 avaient prévu. Même là où la guerre est absente et la crise pas plus grave qu'ailleurs, les progrès éducatifs prennent du temps. La scolarisation introduite brutalement a souvent fait chuter la qualité de l'enseignement et détourné de l'école les familles. Il ne faut pas oublier la part du maître. 

Café pédagogique