Fâcheries et engouements

Fâcheries et engouements
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vendredi 23 novembre 2012

Tranches de vie

Rééduc'
Trois fois par semaine, je m'enferme dans une petite salle, avec d'autres éclopés du bras ou de la main, qui viennent parfaire leur mobilité en malaxant de la pâte à modeler, en levant des poids, en se faisant masser, et bien d'autres techniques originales et rigolotes (si si je vous assure, c'est très ludique !). 
Nous sommes pour cela guidés par quatre kinés, des hommes, jeunes. Le "mien" (oui chacun a le "sien" !) pourrait être mon fils - cela fait quelques années que je me surprends à dire cela, et franchement cela me fait tout drôle (mais c'est  un autre engouement, oups, je voulais dire fâcherie!).

Mes ami(e)s de la kiné
C'est long. Parfois très, et on est donc amené à voir les mêmes collègues de bobo pendant des mois. D'ailleurs, c'est fou le nombre de personnes qui passent par la clinique où travaillent les kinés : des petits, des grands, des qui se coupent, qui tombent, qui se bloquent... Je raconterai aussi cela une autre fois.
Avec la régularité des rendez-vous, on prend ses habitudes, saluant les progrès de l'un, accueillant le petit nouveau tout déglingué et douloureux avec un regard bienveillant de grande sœur qui connaît la musique. C'est stimulant, cela place la nécessaire rééducation au rang d'une activité (presque, faut pas pousser non plus) normale du quotidien.

Les grands sujets
Comme c'est un espace ouvert, on se parle et on écoute.
Donc, trois fois par semaine j'ai l'occasion de peaufiner une petite étude sur le genre humain. Je m'immerge en effet dans une ambiance genre "Café du commerce" et écoute  les histoires de mes concitoyens. Je participe aussi un peu, bien sûr, mais mon côté sauvage et un peu excessif aussi fait que je ne dévoile pas toujours le fond de ma pensée...
Et puis, les kinés donnent le ton : ambiance virile, entre bagnole et high tech (t'as l'iphone 5 ?). Il y a aussi le volet actu-politique (la grève des chirurgiens, les impôts, l'éducation...), chacun y va de son point de vue, mais les échanges se faisant aussi personnels, sur le ton de la confidence, mon petit monde de la kiné, quoi !

jeudi 20 septembre 2012

lundi 10 septembre 2012

Un temps pour tout

Arrêt pour travaux !
C'est tout à fait ça ! J'ai mis les "fâcheries" de côté à cause d'un événement indépendant de ma volonté, et qui m'a obligée à laisser tout en plan, depuis deux mois exactement. 
Un petit accident de vélo, moi qui suis juchée sur ma selle depuis une dizaine d'années ! Choc d'une voiture et chute, puis pompiers (grande première), urgences, opé, et maintenant kiné !

Prise de recul
Après le coup de gueule lancé contre l'automobiliste responsable de ma chute - et contre tous les automobilistes de la planète -, j'ai pris la mesure de ce qui m'arrivait : une obligation de donner un bon coup de patin dans ma vie, de m'écarter un peu de la foule des excités, d'arrêter le rythme infernal et de laisser faire les autres à ma place... Pas fastoche, le plus dur a été de lâcher le boulot, d'accepter l'idée que l'on s'y passe facilement de moi, que l'on m'a même remplacée.

Un mal pour un bien
Avoir le temps : Finalement, depuis que je travaille, je ne me suis jamais trouvée dans cette situation, mes semaines habituelles ressemblent à des murailles dans lesquelles on enfonce des cailloux (un RV par-ci, un plein de course par-là, une réu, un footing...) dans les moindres interstices. Bref, pas une seconde pour souffler. 
Donc, depuis deux mois, malgré les embêtements de ma situation, je prends le temps... , je ralentis le rythme, je profite, vois mes copines, lis, bulle, fais le point (pourquoi pas donner une autre orientation à ma vie ?)...
Et c'est bien ! Inespéré même !

dimanche 20 mai 2012

Colombes a ouvert la voix avec son festival

Début mai, trois jours d'émerveillement, le festival de la voix pour sa deuxième édition : des spectacles chantés dans tous les lieux de la ville, la plupart gratuits. Tellement de musique qu'on ne savait plus où donner des oreilles...

Une envolée lyrique avec Mozart
Mon programme perso a commencé par Cosi fan tutte (Elles font toutes comme ça...) du génial Wolfgang. Moment jubilatoire au conservatoire plein à craquer, avec cet opéra bouffe, première création de la jeune et talentueuse troupe l'Envolée lyrique,qui a su complètement dépoussiérer le texte, en donnant à la mise en scène un sacré coup de jeune - un brin mysogine diront certains... je dirais presque que ce sont les femmes qui mènent la danse. On rit, on chantonne, on se régale. À voir absolument.


Le jazz entre à l'école Charles Péguy
Le lendemain, du jazz à l'Espace quatre chemins. Des parents en beaux habits pour écouter leurs petits et des Colombiens amateurs de jazz pour ce spectacle en deux parties, d'abord des élèves de l'école Charles Péguy, puis le Colombes Jazztet, six super musiciens.
Des élèves de grande section de maternelle et de CE1 ont découvert le jazz depuis le début de l'année dans le cadre d'un projet aidé par la ville : un professeur du conservatoire pour le chant, un autre spécial pour l'anglais et Franck, le pianiste du jazztet, comme maître de chœur. Il y a eu des visites à la médiathèque pour écouter du jazz, des mini concerts, et la mayonnaise a pris. Le jazz a même fait son entrée dans les maisons des enfants.
Tout cela donne un moment de grâce pour deux chansons, avec des petiots qui swinguent en chantant, en y prenant un plaisir évident. 
Le projet a fait changer certains enfants... Quand la culture prend sa place là où on ne s'y attend pas, elle laisse des traces, pour la vie à n'en pas douter. Qui sait de futurs musiciens pour le jazztet de Colombes ?

Bravo à l'équipe de Charles Péguy pour cette initiative couronnée de succès, et bravo pour ce festival superbe. Je joins ma voix  à celle des nombreux spectateurs de ces manifestations... pour en réclamer un autre l'an prochain !
pour ce festival superbe. Je joins ma voix  à celle des nombreux spectateurs... pour en réclamer un autre l'an prochain !

mercredi 9 mai 2012

Les réseaux sociaux : s'exprimer comme dans la vraie vie


Depuis un moment, cela me titillait de la souris et du clavier : aller voir du côté des réseaux sociaux et en devenir plus qu'une spectatrice, presque une actrice...

Rézozozo
Téléspectatrice modérée (compulsive sur certains programmes), auditrice "radioïque" régulière (sauf imprévu ou panne d'oreiller, un peu sectaure toutefois), lectrice plus ou moins régulière de journaux et magazines, je "suis" sur Facebook depuis plusieurs années, Twitter depuis quelques mois, et inscrite aussi à quelques réseaux pro (mais là, je n'ai pas vraiment compris le but, et les profils mis en ligne me semblent si conformistes, si formatés...). 


À quoi ça sert tout ça ?
Je continue aussi de faire la sentinelle (de moins en moins, faute de temps et d'inspiration)  et de raconter mes joies et agacements sur blog. Cela m'amuse toujours, mais je manque de répondant... Encore la même question, pourquoi s'exprimer s'il n'y a pas de retour ? Réflexe  narcissique ? Non, je ne crois pas (pas seulement !), une mise en mots qui me plaît, un exercice un peu laborieux qui me permettra peut-être un jour d'écrire autre chose...
Pour en revenir aux réseaux sociaux, j'ai fait dernièrement une formation sur le sujet, plutôt orientée sur l'entreprise. 
J' y ai évidemment pris des tas d'infos pour ma conso perso et ai dû pas mal bousculer mes certitudes en la matière (merci Anne !).


Montrer qui on est
J'ai compris, par exemple, que l'on communique sur les réseaux sociaux comme on le fait dans la vraie vie. Autrement dit, ces derniers ne sont aucunement un moyen, pour les gens solitaires, de se découvrir une ribambelle d'amis... Les "amis" qu'on y acquiert ne le deviennent pas pour rien : ils partagent une sensibilité, des idées, une passion... Pour le reste, on y communique comme on est (timidement, aimablement, vulgairement, drôlement...).
J'avais des réticences à avancer démasquée sur les réseaux sociaux, craignant d'y perdre mon âme, comme si être à visage découvert comportait du danger : pseudo, image abstraite, pas de nom... Là où l'on m'a expliqué que si je voulais que l'on me "parle", il fallait que je dise qui j'étais, que je sois visible.
J'avais peur que les malades qui abreuvent le net de leurs insanités (les sites extrémistes ou pornographiques qui fleurissent et sont malheureusement à portée des jeunes yeux) polluent les réseaux sociaux, et j'ai découvert que ceux-ci comportaient de formidables mécanismes d'autorégulation et d'exclusion des fâcheux, même si le risque zéro n'existe pas.


Une plage d'expression infinie
Les réseaux sociaux sont un des relais de cette gigantesque banque de données de l'Internet, qui nous permet d'avoir accès à tout... ou presque, et de nous exprimer sur (presque) tout. Cette mise en commun des savoirs, cette tribune ouverte, cette possibilité de chacun d'entre nous à s'exprimer sur tout ou rien sont étourdissantes ! Reste à arriver à trier dans tout cela et à choisir ce qui nous intéressera (comme un livre à la bibli).
Le seul vrai problème que j'y vois est que cet accès illimité à la lecture et à l'expression est vraiment chronophage... Dur de décrocher.
J'ai suivi frénétiquement les deux tours des élections avec un œil sur la télé, un autre sur mon écran partagé entre Twitter et facebook (avant d'aller faire un tour à la Bastoche), très amusant ! Un peu dingue d'accord, mais ce droit à l'expression de chacun sur les réseaux sociaux n'est-il pas un bon signe pour la démocratie ?

jeudi 1 mars 2012

Dessins (coquins) de Rodin

Le corps des femmes
L'expo des dessins de Rodin, actuellement dans une partie du musée Rodin (en travaux jusqu'en 2013, mais on peut se balader au jardin) est intéressante.
J'ai bien aimé les esquisses, les dessins au trait jeté, spontanés, dynamiques.
Finalement, moins aimé la mise en couleurs, plus aléatoire, presque surréaliste, gommant le trait fin, le muscle, le mouvement au profit d'une mise en espace (peut-être pas super bien servie par l'éclairage).
Qu'ils sont beaux, ces instants dérobés, ces attitude, cet abandon...



Fou rire
Au détour de l'expo, dans les salles un peu sombres, super silencieuses, juste bruissantes du passage des visiteurs murmurant, dont les corps s'évitent poliment pour se laisser voir les dessins (tous au format A4), retentit soudain un cri. Glaçant.

Celui  de la gardienne, nous sortant de notre respectueuse torpeur : "Monsieur pas de photo !". Tous les yeux se tournent alors d'un air courroucé vers le fautif, pris sur le fait dans le cabinet des dessins érotiques (un couloir rassemblant les dessins de femmes un peu plus lascives et sensuelles, rien de trash). Oh le coquin, qui a voulu capter en douce sur son portable une de ces femmes (franchement cela vaut mieux que les sex-shop non ?) ! Le type (un petit bonhomme comme tout le monde), penaud, a piqué un fard et a remballé son matériel... son téléphone portable je veux dire !

dimanche 2 octobre 2011

En campagne


Et non, ce n'est pas ce que vous croyez, je vous ai bien eus ! 
Aujourd'hui, je suis d'humeur rêveuse et champêtre.
Un bel anniversaire nous a donné l'occasion d'explorer, pas si loin, un territoire rural et tranquille. On sent, en s'y baladant une sorte d'abandon, de torpeur qui nous change de la vie trépidante.

L'eau est magnifique dans la lumière de l'été indien.

Pour finir, une question : mais qu'est-ce que c'est ?

lundi 12 septembre 2011

Le temps des brocantes *

Dans le quartier, la brocante c'est l'occasion de revoir les copains et connaissances peu après les vacances, c'est pour cela que j'aime tant la faire. 
L'occasion aussi d'alléger les rayons de la bibliothèque, de faire la place dans les placards de fringues, de se débarrasser des trucs qu'on n'aime plus ou qu'on n'a jamais aimés, de ranger la cave...
De se rendre compte aussi que le temps passe si vite, que mes filles se débarrassent des livres de leur enfance, des colliers, petits cadres et mignons doudous qu'elles achetaient pendant les vacances avec l'argent donné par les grands-mères, que les rollers sont devenus trop petits... 
Hier, il a tellement plu que ça a été surtout l'occasion d'avoir les pieds mouillés et de voir les pages des livres se gondoler sous la bâche en plastique, avant qu'on plie bagage, un peu honteux de capituler si vite... 
Quand le soleil a enfin pointé le bout du nez, on s'est baladé près des stands des plus pugnaces et courageux. 
Et là, on a fait de vraies affaires ! Jugez un peu : pour une poignée d'euros, un livre de Simone de Beauvoir, un habit rouille, un autre bleu, un col roulé noir, quatre portes d'armoire pour faire des placards en beau bois veiné, et une moisson de verres gravés et dépareillés.
*voir aussi ici.

mardi 24 mai 2011

Tricotons les liens toujours et encore

Aujourd'hui, à partir de 50 ans, on est parfois out. Plus de boulot et des liens sociaux qui se délitent du coup. Des liens familiaux qui ne sont plus ce qu'ils étaient (lorsque les anciens partageaient la maison de leurs enfants et qu'ils y avaient un rôle). Les enfants qui sont loin, les amis qui partent peu à peu.
On vit maintenant de façon plus indépendante, mais du coup plus isolée et, quand c'est plus possible, lorsqu'ils ne sont pas carrément laissés-pour-compte, c'est direction la maison de retraite pour nos "vieux" (certains de ces lieux font un boulot super, mais y entrer rime souvent - dans la tête du moins -  avec fin de vie, solitude et désœuvrement...).



Des tas d'initiatives existent pour tenter de briser l'isolement, retisser des liens entre les générations, et peut-être que les choses commencent à évoluer... Des jeunes (des visionnaires en herbe qui sont capables de donner à ceux qui ont vécu leur vie et qui ne sont pas atteints du syndrome du jeunisme à tout prix) font des spectacles en maison de retraite (ma plus jeune fille a ce projet). Des grands-mères espagnoles préparent des repas pour ceux qui sont trop occupés pour le faire (http://www.telemadre.com/. Des grands-parents viennent lire des histoire aux petits (l'association "Lire et faire lire" qui en plus fait un boulot énorme contre l'illettrisme), des personnes âgées louent une chambre de leur appartement ou maison à des jeunes travailleurs ou étudiants moyennant des services rendus et surtout la communication (voir "logement intergénérationnel, ville de Colombes).

Les idées ne manquent pas.


Même des entrepreneurs se lancent dans des projets audacieux. Pour exemple, la "Granny chair" (la chaise de mamie) du studio de création Wadebe, une chaise dont le siège est tricoté par des grands-mères, en maison de retraite ou isolées, qui sont rémunérées bien sûr ! Un vrai projet intergénérationnel et solidaire. Vous en saurez plus en allant sur leur site. La chaise a même eu les honneurs de la télé (L'Édition spéciale sur Canal du 23 mai). 

Bravo ! Voilà des idées (et bien d'autres) qui vont  faire leur chemin ; les choses ne s'arrêtent pas aux portes de l'entreprise ni à 50 ans, et nos anciens ont plus d'un tour dans leur sac...






vendredi 6 mai 2011

La tendresse en image

La, je suis fière, c'est une photo faite par une de mes filles, sous l'œil attentif de Bruno qui la coache. Tout y est. En un clic, un instant de bonheur est mis en image. Lorsque son blog sera en ligne, j'en parlerai ici ! Espérons qu'il contiendra quelques pépites comme celle-ci ! 

mercredi 27 avril 2011

Le pouvoir de l'écriture

Pour revenir sur ce que j'écrivais il y a quelques jours, pestant contre nos petites machines qui, certes, nous facilitent  bien la vie mais nous font accélérer le rythme, donnant à nos actions une immédiateté qui fait qu'on ne prend pas la peine de réfléchir assez ,de peser nos mots, nos réactions, nos choix...

Eh bien, quelques jours après que j'affiche cet article, une de mes "vieilles" amies, je dis ça dans le sens où ça fait vraiment longtemps qu'on se connaît, cela date de la seconde, on faisait même du russe ensemble), qui a fait du rangement  chez elle, m'a remis une liasse de lettres que je lui avait envoyées quand j'avais 16, 17 ou 18 ans.

Les lettres étaient pliées, parfois dans leur enveloppe, pas forcément classées, il y en avait au moins trente. Elle avait tout gardé, là où je me suis défaite de toutes ces choses au gré de mes déménagements. En les relisant, une bouffée d'adolescence m'est remontée aux joues, on s'écrivait nos joies, nos peines de cœur, nos souhaits, nos ambitions, nos malaises aussi.
On avait un langage à nous avec les expressions du moment, on échangeait des lectures (Boris Vian, Baudelaire...), des musiques aussi, Neil Young "Harvest" et "Les Chants des prisonniers sibériens d'aujourd'hui" chantés par Dina Vierny (russe oblige). On écrivait à l'encre violette sur des cartes postales, du papier à lettres, des feuilles de copie, ce qui nous tombait sous la main...

Un immense plaisir à me replonger dans ces lettres, j'ai refait un bout de chemin de mon adolescence, mesuré le temps qui a filé depuis, cela m'a redonné l'envie d'écrire des "vraies" lettres. merci...

jeudi 24 mars 2011

Les carnets de l'Afrique à Paris

Aujourd'hui, j'aimerais vous présenter le "bébé" d'une de mes amies...
Comme nombre d'entre nous, elle avait envie de faire un livre.
Sauf qu'à la différence de nous (enfin de moi !), elle, elle l'a fait ! Avec un de ses amis, partenaire de cette aventure, depuis plus de deux ans, elle arpente Paris, tend l'oreille, regarde les gens et les choses, et surtout écrit et dessine.
Cela a donné ça : 
Visitez l'Afrique à Paris de Catherine et Alain, vous ferez un beau voyage !

Vous trouverez ici le blog du livre paru le 24 mars :
Les Carnets de l'Afrique à Paris,

dimanche 13 mars 2011

Découvrez-vous ou cultivez votre âme poète !

du 7 au 21 mars 2011
13e Printemps 
des Poètes
 
http://www.printempsdespoetes.com/index.php?rub=accueil&page=12


"La poésie est une démarche qui par le mot, l'image, le mythe, l'amour et l'humour l'installe au cœur du vivant de moi-même et du monde."
Aimé Césaire
D’infinis paysages

Oui, voici la colline et la vallée,
Voici le lac et le reflet des nuages.
La lumière les dévoile aube et soir ;
Et le printemps revient à tire-d’aile !
Terre habitable, humain séjour provisoire :
Il n’est vrai paysage que de nos mémoires…
Ô pays ! ô âge ! Transplantés ici,
Nos désirs et paroles nous unissent
A tous les lointains, au grand iambe
Du prime matin du monde. Ecoutons donc
Le chant des âmes errantes, de leurs élans
Inachevés, chant fondu dans les sources
Et la brise, chant nôtre ! L’infini n’est autre
Que nos énigmatiques échanges, sans cesse
Renouvelés, avec l’immémoriale promesse.

Nos lieux, nos instants, à jamais uniques.

François Cheng